DÉPUTATION DU COMITÉ A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
« Alors le peuple, dont j'ai été reconnu pour l'un des électeurs, m'a crié de me sauver, la trahison étant manifeste. J'ai répondu : « C'est « bien plutôt à vous, mes amis, à vous retirer; vous empêchez nos sol- « dats et nos canons d'entrer dans cette cour encombrée, où vous allez <i tous périr inutilement, » Ils se sont écriés avec un transport inconcevable : Non, non; nos cadavres serviront à combler les fossés ^ ! »
Tous les esprits sont « livrés à la méfiance et au soupçon. Dans tous les lieux, dans les districts, sur les places publiques, on ne parle que de complots et de trahison... L'opinion générale suppose une intelligence coupable entre les administrateurs de l'Hôtel de Ville et les ennemis de la liberté. Tous les membres du Comité permanent étaient dans un danger imminent, et ils ne l'ignoraient pas. Chacun d'eux, s'il avait occasion de traverser la foule qui couvrait la place, qui remplissait les salles et les corridors de l'Hôtel de Ville, rapportait des propos sinistres et des menaces effrayantes qu'il avait entendus. Il ne s'agissait pas moins que de mettre le feu à l'Hôtel de Ville et d'égorger le Prévôt des marchands, les échevins, les membres du Comité permanent, et même tous les électeurs ».
Au milieu d'un fracas épouvantable, devant une multitude furieuse, le Comité permanent arrête d'envoyer à l'Assemblée nationale une députation chargée de lui présenter cette