‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 384 sur 549 · DÉLIBÉRATION · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATION

« Le Comité permanent de la sûreté publique, assemblé à l'Hôtel •de Ville, a arrêté qu'il serait en correspondance journalière avec l'Assemblée nationale, et de députer M. Ganilh, avocat au parlement, et M. Bancal des Issarts, ancien notaire, tous deux électeurs de la Ville de Paris et membres du Comité ;

« A l'effet de peindre à l'Assemblée nationale l'état affreux où est la Ville de Paris, les malheurs arrivés aux environs de la Bastille, l'inutilité des députations qui ont été envoyées par le Comité avec un tambour et un drapeau, pour y porter des paroles de paix et demander que le canon de la Bastille ne soit point dirigé contre les citoyens; la mort de plusieurs citoyens tués par le feu de la Bastille, la demande faite par une multitude de citoyens assemblés d'en faire le siège, les mas-

1. Les faits contenus dans ces rapports des députations de l'Hôtel de Ville à la Bastille se trouvent relatés, avec d'autres détails, dans un grand nombre de récils publiés aussitôt après l'événement, et que la Bibliothèque nationale possède : Belation exacte de ce qui s'est passé dans la députation parlementaire (Lb^s IMi);" Attaque, défense et reddition de la Bastille (Lb^s 7374); Précis exact de la prise de la Bastille (par le cousin Jacques, Lb^» 1943, 7376, 7377 et 1944); Relation véritable de Rouet, cultivateur (Lb* 7375); la Journée de J.-B. Humbert, horloger {Lh^^ 1948); l'Ouvrage des six jours, première forme de rOEwure des sept jours, de Dusaulx (Lb39 20l9); plus, les comptes rendus d'ensemble, comme la Semaine et ta Quinzaine mémorable (Lb^a 2090, 2095) ; et surtout ceux qui forment les deux premiers numéros des Révolutions de Paris, signés Prudhomme «tloumon, datés du 12 au 17 et du 18 au 25 juillet 1789.

sacres qui peuvent en être la suite; et de supplier l'Assemblée nationale de vouloir bien peser dans sa sagesse, le plus promptement qu'il lui sera possible, les moyens d'éviter à la Ville de Paris les horreurs d'une guerre civile;

« Enfin, d'exposer à l'Assemblée nationale que l'établissement de la milice bourgeoise, et les mesures prises hier, tant par l'Assemblée des électeurs que par le Comité, ont procuré à la Ville une nuit plus tranquille qu'elle n'avait pu l'espérer, d'après le nombre considérable de particuliers qui s'étaient armés le dimanche et le lundi avant l'établissement de la milice ; que, par le compte rendu de différents districts, il est constant que nombre de particuliers ont été désarmés et ramenés à l'ordre par la milice bourgeoise.

« Fait au comité, le U juillet 1789.

« Sig7ié : De Flesselles, Prévôt des marchands, président du Comité ; Bancal des Issarts, Moreau de Saint- Méry, DuvEYRiER, Rouen, Vergne, Chignard, Fauchet et Ganilh, membres du Comité. »

Sur les trois heures après-midi, une dépntdilion du district des Blancs- Manteaux réclamait au Prévôt des marchands des explications sur les fusils et munitions qu'il avait promis la veille et qui n'avaient pas été donnés.

De Flesselles répond que « M. de Pressoles, intéressé à la manufacture de Charleville, lui a offert 12,000 fusils qui étaient, disait-il, en état de service, et qu'il les avait acceptés avec empressement ; que quelques heures après on a apporté plusieurs caisses à l'Hôtel de Ville, et que quelques personnes lui avaient dit alors que les fusils étaient contenus dans ces caisses; qu'il avait recommandé de les déposer eu lieu sûr, pour conserver la faculté d'en faire une sage distribution; mais qu'au moment de les distribuer on avait reconnu que ces caisses ne contenaient que des chiffons et des bouts de chandelle; qu'il avait été, par conséquent, lui-même indignement trompé.

« A l'égard de l'ordre donné pour aller chercher des fusils aux Chartreux, et des cartouches à l'Arsenal, de Flesselles ajoutait qu'il n'avait donné ces ordres que sur les rapports faux qui lui avaient été faits qu'il y avait des fusils aux Chartreux, et qu'on donnerait des cartouches à l'Arsenal. »

La députation des Blancs-Manteaux exige que le Prévôt des marchands fasse immédiatement arrêter ceux qui l'ont induit dans des erreurs si funestes.

De Flesselles réplique « qu'il lui était impossible de reconnaître ces personnes, au milieu d'une agitation si violente depuis deux jours, dans la foule innombrable de gens de toute espèce dont l'Hôtel de Ville était continuellement assailli ».

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