Résumé du Procès-verbal Duveyrier, t. I, p
venaient de courir les plus grands périls et qui ne pouvaient plus délibérer au milieu « de quinze cents hommes poussés par cent mille autres, * » s'étaient un moment retirés dans la salle de la Reine. Mais bientôt ils étaient forcés de rentrer dans la Grande Salle, où ils siégeaient sous la présidence. de l'imperturbable Moreau de Saint-Méry.
Une foule armée amène le prince de Montbarey et sa femme. Grâce au marquis de la Salle, l'ancien ministre de la guerre^ put se déclarer « l'un des plus zélés défenseurs de la liberté » et citer son fils, le comte deSaint-Mauris^ comme « celui qui avait opéré la révolution en Franche-Comté ». On applaudit ; le prince et la princesse se retirent dans la salle de la Reine, d'où peu après ils sortent paisiblement.
Une autre foule s'est emparée du baron de Bachmann, major des gardes suisses *, et de son adjudant Charlet. Sur l'assurance qu'au lieu des les emmener à Versailles leur voiture les conduisait en l'hôtel du baron au faubourg Saint-Honoré, ces officiers sont relâchés. Le président charge les citoyens armés ei les soldats du régiment de Vintimille qui les ont arrêtés, de leur faire escorte.
Bouchotte, député du Tiers-État dubailliage de Bar-sur-Seine % vient « avec une garde d'honneur» demander un passeport pour Versailles. Moreau de Saint-Méry le harangue :
« Nous vous prions, monsieur, de rendre compte à l'Assemblée nationale de ce que vous avez vu, de lui dire que nous faisons tout ce que nous pouvons pour maintenir l'ordre, et que nous comptons sur son secours et son autorité pour y parvenir d'une manière efficace. Vous voudrez bien la prier de notre part de se joindre à nous pour supplierSa Majesté de faire revivre son autorité, en n'employant d'autre arme que l'amour de ses peuples : cette arme suffit, et toutes les autres seraient inutiles. »
Bouchotte répond «qu'il remphrait le plus dignement possible cette commission honorable ; mais qu'il serait difficile d'exprimer tous les sentiments dont il a été pénétré au milieu de cette capitale libre et triomphante ».
Il arrive sans cesse des délégations de districts s'informant des mesures prises pour garder la Bastille, réclamant des armes et des munitions.
De la Poize annonce qu'il a fait ramener à l'Hôtel de Ville les poudres
1. y. dans le récit de Dusaulx l'aspect de la grande salle de l'Hôtel de Ville le 14 juillet au soir, l. c, p. 361-372.
îi. En 1777; il était né en 1732, à Bourges, et mourut à Constance en 1796.
3. Né en 1756, éinigra, rentra en Franco, et fut envoyé à l'échafaud le 17 avril 1794.
4. L'un des défenseurs des Tuileries au 10 août, condamné par le tribunal du 17 août et exécuté le 2 septembre 1792.
5. Ot il était procureur du Roi pour le fait des aides. Ne le pas confondre avec Bouchotte (de Metz), alors capitaine de cavalerie, qui sauva Courtrai lors de la défection de Dumoui'iez, et dirigea le ministère de la guerre durant la Convention, du 4 avril 1793 au 1" avril 1794.