‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 420 sur 549 · LE HOI A PARIS · texte numérisé non relu

LE HOI A PARIS

nale qu'il avait reçue ont excité, dans la place de THÔlel-de- Ville et dans les rues voisines, des transports qu'il est impossible d'exprimer.

« Après avoir satisfait, pendant près d'un quart d'heure, les regards empressés de ses sujets et reçu des témoignages aussi sensibles

de leur tendresse, le Roi est repassé dans la Grande Salle , qu'il a

traversée au milieu de ses quatorze gardes-citoyens, qui l'ont accompagné jusqu'à sa voiture.

« M. le marquis de La Fayette était resté dans la place de l'IIôtelde-Ville pour maintenir le bon ordre; il n'est monté à l'Hôtel de Ville que pour prendre le Roi au moment de son départ et assurer son libre passage.

« Sa Majesté est parvenue à sa voiture sans aucun obstacle, et c'est dans ce moment qu'Elle a dit au commandant général : Monsieur de La Fayette, je vous cherchais pour vous dk-e que je confirme votre nomination a la place de commandant général de la garde parisienne.

« Monté dans sa voiture, le Roi a repris le chemin de Versailles avec le même cortège et dans le même ordre qu'il était venu, précédé et suivi d'acclamations plus vives peut-être et plus universelles.

« On a remarqué que les chevaux, les panneaux et jusqu'à l'impériale de sa voiture étaient décorés de cocardes nationales; celle qu'il avait acceptée était placée à côté de lui, en dehors de la portière. »

Le libraire Hardy note ainsi, dans son journal ', « son étonnement assez naturel sur les événements du moment » :

« On ne pouvait revenir de son étonnement quand on réfléchissait à la suite d'événements dont on avait été témoins depuis le commencement delà semaine. On ne se rappelait qu'avec horreur, qu'avec frémissement le projet infernal, qui avait existé, de faire entrer dans la capitale, la nuit du U au 15, trente mille hommes secondés par des brigands pour entraîner les citoyens et mettre ensuite dans les fers tous ceux que le glaive aurait épargnés. On regardait comme quelque chose d'absolument surnaturel la prise du château de la Rastille en moins de trois heures, comme une autre espèce de miracle la réunion et l'établissement d'une milice bourgeoise en moins de vingt-quatre heures

« On entendait dire que le Roi en allant à l'Hôtel de Ville, quoiqu'il ne cessât de donner de tous côtés des témoignages de satisfaction à son peuple en faisant des signes de ses deux mains, paraissait néanmoins triste et inquiet; mais qu'au retour Sa Majesté avait montré un peu plus de gaîté, comme aussi qu'elle s'était exprimée, au milieu des députés, des électeurs et de l'Assemblée municipale, en ces termes : fai été trompé et je ne veux plus V être; je fais serment de n'agir

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