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désormais que par les conseils des États généraux et de ne rien signer que de leur avis. Sur quoi il avait été également juré par tous les assistants de verser jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour la défense du Roi, ce qui avait touché Sa Majesté au point qu'on avait vu couler des larmes de ses yeux.
« Il n'y avait point, disait-on, de concours semblable à celui du peuple immense qui s'était trouvé partout sur le passage du monarque; enfin l'on faisait monter à près de trois cent mille individus la nouvelle milice bourgeoise qui s'était armée pour sa sûreté et celle de la capitale. On ne doutait point qu'un tel spectacle n'eût singulièrement frappé Sa Majesté
« On rapporta ultérieurement et des témoins oculaires attestaient qu'à l'arrivée du Roi, et l'instant d'après le passage de la seconde voiture qui suivait celle de Sa Majesté, un coup de carabine lâché du côté de la rivière, sans qu'on sût trop d'où, vis-à-vis la place de Louis XV, avait frappé par derrière, dans l'épaule, une jeune dame qui était morte de sa blessure peu de temps après, ayant été confessée par un des religieux Mathurins qui avaient, en bons citoyens, voulu accompagoer la milice de leur district
« Samedi, 18 juillet. — Dans la matinée est inhumé avec une pompe attendrissante, en l'église archipresbytérale de Saint-Séverin, sa paroisse et la mienne, le nommé Charles Dousson, garçon taillandier, âgé de trente et un ans et qui devait se marier le mardi de la semaine suivante, tué le mardi précédent Ik juillet présent mois dans l'aprèsmidi, au siège et à la mémorable prise d'assaut du château de la Bastille et rapporté chez lui rue de la Huchette. On fait passer ce convoi, auquel assistent, armes basses et tambours battant d'une manière lugubre, une partie de la milice bourgeoise du canton et un très grand nombre des bourgeois du district, par les ruesdela Vieille-Bouclerie, de la Harpe, des Mathurins, Saint-Jacques et Saint-Séverin ; on chante une messe solennelle de Requiem son corps présent, il est enterré dans une cave avec sonnerie ; on a grand soin de faire insérer dans son extrait mortuaire une mention honorable de la manière dont il avait si courageusement péri en volant au secours de la patrie dans des circonstances aussi critiques. Le district et la paroisse offrent de contribuer pour tous les frais indispensables que l'Église serait dans le cas d'exiger; comme aussi de faire quelque bien à sa future après information. »
DÉLIBÉRATIONS DE l'ASSEMBLÉE DES ÉLECTEURS
sur la démolition de la b4st1lle l'approvisionnement de paris, les secours aux ouvriers
ET l'organisation DE LA FORCE ARMÉE
Dans la soirée du 17 juillet, La Fayette fait savoir à l'Assemblée des électeurs que les districts n'ont pas encore adressé un nombre suffisant de nominations pour le comité militaire. Une nouvelle invitation leur est adressée et la réunion fixée au dimanche 19.
Le comité des subsistances commissionne « les personnes les plus sûres pour faire des achats de blé et de farine dans les endroits indiqués par l'intendant de Montaran ». L'électeur Brillantais-Marion est envoyé à Amiens et à Dunkerque.
Garran de Coulon, assermenté vice-président, et Liesse, secrétaire suppléant, tiennent la permanence de l'Assemblée générale dans la nuit du 17 au 18.
Toutes les fenêtres de la capitale « étaient illuminées sans aucun ordre public ». Il s'est produit des accidents « causés par des armes à feu imprudemment tirées ». Une ordonnance est, dès le matin, publiée par les trompettes de ville et affichée, « portant défense de décharger aucuns fusils, ni autres armes à feu, de tirer ni pétards ni fusées »,
Ordre est transmis aux barrières de « laisser passer, aller et venir avec une entière liberté tout ce qui appartient à la famille et au service des ambassadeurs et ministres étrangers' ».