LES DERNIERS PRISONNIERS DK LA BASTILLE
révélé par sa mère ù ce qu'on appelle le tribunal de la confession, et porté dans le cabinet du général des jésuites, à Rome ». On l'avait conduit à l'Hôtel de Ville et, dans une conversation avec Duveyrier au bureau de police, il s'était vanté « d'être connu par toute la terre, d'avoir mis le couteau à la main de Damiens, sauvé la France et décidé la Révolution ». On jugea « sa tête égarée par le fanatisme et on le fit conduire à Charenton, pour y être traité le plus humainement possible » K
Plusieurs districts, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Séverin, continuaient à se plaindre de la rigueur d'un placard signé de la Salle : (( Il est défendu sous les plus graves peines aux justiciables d'entrer à « laBastille». L'Assemblée des électeurs sur la demande du commandant de garde, maintint la « défense générale de laisser entrer aucune per- « sonne à la Bastille ».
Les quatre architectes nommés pour la démolition de la forteresse proposèrent, le 19, deux moyens de l'opérer, soit en conservant les matériaux, ce qui eût été fort long, soit en s'occupant moins de ce détail.
L'Assemblée décida « que, dans les circonstances, l'activité était bien préférable à l'économie », et les architectes furent invités à « dé- « trnire le plus promptement possible, sans aucun égard pour les « matériaux ».
Le bibliothécaire et historiographe de la Ville, Ameilhon, réclama pour le Dépôt municipal « les manuscrits et ouvrages imprimés saisis à la Bastille, lesquels, considérés comme une conquête faite par les habitants de Paris, ne pouvaient et ne devaient être placés que dans la Bibliothèque appartenant à la Commune ». L'Assemblée trouva la réclamation juste, mais remit à décider l'époque où les imprimés et manuscrits seraient rassemblés dans les dépôts provisoires qu'elle avait indiqués.
Sur le rapport des commissaires précédemment nommés, elle fit, le 20, une proclamation « invitant le public à ne pas se présenter à la (( Bastille jusqu'à ce que les papiers intéressants pour la Nation eussent « été recueillis et mis en sûreté, et jusqu'à ce qu'on eût pu déblayer les u décombres obstruant les passages* ».