Voir ci-dessus, p
Le registre d'écrou de la Bastille, produit par M. A. Bégis (p. 30), confirme exactement le procès-verbal de Saint-Louis-la-Culture. Quatre des prisonniers, le négociant Jean-Antoine Pujade, les employés Jean Bechade de la Barte, Bernard Laroche. Jean La Corrège, étaient détenus depuis le mois de janvier 1787, « accusés d'avoir fabriqué de fausses lettres de change». Le comte de Solages avait été enfermé en 1782 à Vincennes, puis transféré à la Bastille sur la demande de son père, pour cause de dissipation et mauvaise conduite. L'indication manque sur la cause de la détention du comte Whyte de Molleville, transféré de Vincennes à la Bastille en 1784, « ordinairement en état de délire depuis plusieurs années ». Quant à Tavernier, dans le même état, le registre d'écrou porte qu'il était « accusé de complot contre la vie du Roi », et qu'après avoir passé dix ans aux îles Sainte-Marguerite », il était entré à la Bastille le 4 août 1759.
2. Procès-verbal Duveyrier, II, 198-199, 181-182, 235, 271, 278-280, 291, 329, 427- 430, 456, 493, 496 et 497.
Un assez volumineux registre, conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque natlo-
Un délégué du district de Saint- Louis-la-CuIture, chargé de l'enlèvement des effets se trouvant à la Bastille, apporta, le 21, un paquet qui se trouvait avec l'épée et la croix de Saint-Louis du gouverneur de Launey. La Fayette, La Salle, le Comité permanent, avaient refusé de recevoir ce paquet, sur lequel était écrit : Ceci est mon testament. On l'avait alors adressé à l'Assemblée nationale, qui l'avait retourné aux électeurs de Paris. Ceux-ci arrêtèrent de le confier à l'un d'eux, le notaire Gaillard, pour le remettre, de concert avec le district dépositaire, au lieutenant civil, « qui en ferait l'ouverture ainsi qu'il appartiendrait », Mais le lieutenant civil ne voulut l'ouvrir que sous la responsabilité de ceux qui le lui apportaient et le renvoya à l'Assemblée des électeurs, qui arrêta que le testament, sans être lu, serait rendu au Dépôt judiciaire ^
nale, FR 11736, a pour titre extérieur Démolilion de la Bastille de Paris, Il contient trois pièces relatives à l'acquit des dépenses pour l'arrangement des papiers delà Bastille, en date de 1792; un mémoire pour illuminations faites en 1789; et l'état très détaillé dos payements aux anciens employés à la démolition de la forteresse, du mois d'octobre 1789 au mois de mai 1790, « payements à faire par M. Palloy, maître maçon, sous la conduite et inspection de MM. de la Poize, de Montyzon et Poyet, architectes-ingénieurs nationaux.
On trouve, dans la Prise de la Bastille, par G. Lecocq, p. 90 à 155, les détails de la démolition de la Bastille et de l'exploitation de ses débris et de ses pierres par le trop fameux patriote Palloy, courtisan de tous les régimes qui se succédèrent en France jusqu'à la Restauration de 1814.
1. Le registre des minutes de la correspondance du ministère de la maison du Roi et du département de Paris, Arch. nat., 0' 500, f"' 4G7, 547, 568, 594, 595 et 59(5, contient de curieux renseignements sur le règlement des comptes du gouvernement de la Bastille et des pensions attribuées aux veuves du gouverneur de Launey et de l'aide-major de Miray, comptes et pensions qui ne purent être soldes qu'aux mois de novembre et de décembre 1789.
Le ministre exposait à Necker, le 6 septembre :
M Le gouverneur de la Bastille fournissait un état de lui certifié véritable des dépenses « du château; cet état arrêté par le Roi, il s'expédiait une ordonnance sur le Trésor « royal au nom du gouverneur; on comprenait dans cette ordonnance le traitement de (i l'état-major, la nourriture des prisonniers, les appointements des différentes personnes « employées au château, les retraites accordées aux anciens officiers ou employés et les « dépenses ordinaires et extraordinaires. Suivant la vérification que j'ai fait faire au « Trésor royal, la dernière ordonnance payée à M. de Launey est celle du mois d'avril 1789 H montant à 6,459 livres 15 sols 4 deniers. Les deux ordonnances pour les services de « mai et juin, qui faisaient ensemble un objet de 14,237-7-8 ont été expédiées dans mes « bureaux et envoyées en finance, mais il ne paraît pas qu'elles aient été acquittées; ne « surveillant point l'ordre qui s'observe au Trésor royal, j'ignore même si elles ont été « remises à M. de Launey pour en toucher le montant. Aujourd'hui, Monsieur, la plupart « des personnes employées sur ces deux Ordonnances, entre autres le sieur du Puget, « lieutenant de Roi, la dame veuve du sieur Miray, aide-major, et les quatre porte-clefs M du château, demandent le payement de ce qui leur est dû. Je désirerais les satisfaire « d'autant plus à cet égard qu'ils sont véritablement dans une position très fâcheuse, « tout leur avoir et effets mobiliers leur ayant été pillés lors de la prise de la Bastille où « leur état et leurs fonctions les obligeaient de demeurer. Je vous serai donc obligé de « vouloir bien vous faire assurer si les deux Ordonnances de mai et de juin sont encore « au Trésor royal, et, dans le cas où elles y seraient, je vous proposerais de me les envoyer « et j'en ferais expédier deux autres au nom d'un des commis de mon département que je « chargerais d'en recevoir le montant i>
Le comte de Saint-Pricst écrivait, le 11 novembre, à l'intendant du Trésor royal, M. Dufresne :