Ibid., II
avec les principaux traîtres à la patrie, chassé avec indignation, un tout petit pamphlet * à la suite duquel se lisait cette mention :
u Permission de la. Ville. — Permission de distribuer, sans néanmoins entendre établir la nécessité d'aucune permission. Pour le Comité permanent, Chignard, Ducloz-Dufresnoy, Duveyrier, Buffault. »
Après un bref récit des émotions éprouvées par le Roi dans sa visite à sa bonne ville de Paris, on raconte que Sa Majesté, « le cœur soulagé » par le renvoi des ministres détestés et le rappel de « ceux que la Nation chérit », jette « les yeux sur les traîtres qui ont voulu le perdre, en abusant de sa confiance, et les éloigne tous... Son valet de chambre Thierry excite au plus haut point sa colère, et ce domestique infidèle reçoit le plus fameux coup de poing royal qui ait jamais été donné! n
Thierry de Ville-d'Avray était, en même temps que le premier valet de chambre du Roi, le premier magistrat municipal de Versailles-. Toute l'administration royale fut mise en mouvement pour supprimer l'attaque dont il était l'objet. L'un des premiers actes du nouveau secrétaire d'État chargé des affaires de la maison du Roi et du département de Paris, de Saint-Priest, remplaçant Laurent de Villedeuil, fut de dénoncer à Bailly le libelle dont la cour était vivement émue^
Le ministre signalait presque en même temps un autre écrit dans lequel « M. l'archevêque de Paris était livré aux traits de la plus atroce calomnie, malgré sa vertu éminente, son zèle ardent pour le soulagement des pauvres, son caractère vraiment apostolique » ; il exprimait, d'accord avec M. Necker, le désir que le Comité de la Ville et le maire, « ayant la confiance du public, lui apprît qu'il est de la plus exacte u vérité que M. l'archevêque n'a eu d'influence directe ni indirecte sur '< les affaires du Gouvernement, et qu'il n'est jamais sorti de sa bou- « che que des paroles de paix et de concorde *. »
Bailly transmit les plaintes du ministre au Comité provisoire, qui, aussitôt, prit l'arrêté suivant :
« Sur la représentation faite au Comité provisoire, qu'il se vend publiquement, par les colporteurs et autres, dans les rues de Paris, des imprimés calomnieux, propres à produire une fermentation dangereuse, sans aucun nom d'auteur ni d'imprimeur; et que même on a porté l'indécence et l'infidélité dans un de ces écrits, ayant pour titre : La bonne nouvelle, jusqu'à supposer, contre toute vérité, une approbation donnée à cet écrit, aussi faux que scandaleux, par quatre membres du Comité, MM. Ghignard, Ducloz-Dufresnoy, Duveyrier et Buffault;