‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 479 sur 549 · Résumé du procès-verbal Duveyrier, t. II, p · texte numérisé non relu

Résumé du procès-verbal Duveyrier, t. II, p

Elle remercie la commune de Vincennes des mesures qu'elle a prises pour la sûreté publique et le maintien de l'ordre.

Elle fait constater par deux de ses membres, Langlois et Picard, que les entrepreneurs des corvées militaires, les frères Gauthier, de la Villette, ont refusé de prêter leurs services, le U juillet, à l'administration militaire et qu'il n'y a rien de « contraire à la tranquillité publique « dans leurs différentes maisons.

Elle fait adresser, par le commissaire de police Carré, la semonce « d'être plus circonspecte à l'avenir « à la boulangère Chevalier, « qui s'est répandue en invectives des plus répréhensibles contrôles patrouilles bourgeoises ».

Elle reçoit du district de Notre-Dame une députation qui lui témoigne « la reconnaissance due à ses services signalés rendus à la patrie, et qui approuve toutes les opérations, délibérations et décisions des Électeurs ».

Le district de Saint-Louis de la Culture la charge de transmettre une adresse à la Fayette.

Le district de Saint-Eustache, répondant le premier à la lettre du maire, annonce qu'il nomme représentants de la Commune ses deux électeurs, Moreau de Saint-Méry et l'avocat Pérignon, avec l'électeur Chignard et le curé de la paroisse comme suppléants.

Ce curé et ceux de Saint-André des Arcs, de Saint-Étienne du Mont, de Chaillot, ainsi que le trésorier de la Sainte-Chapelle, les abbés Vériot, de Saint-Eustache ; des Feux, de Saint-Benoît et de la Leu, ainsi que le maître des comptes Marchais, le conseiller à la Cour des aides L'Héritier, et le payeur de rentes Boscheron, font constater au procèsverbal que, depuis le commencement du mois de juillet, ils ont « réellement partagé les travaux de l'Assemblée générale ».

Le 2^ juillet, à l'ouverture de la séance, l'avocat Garran de Coulon et deux de ses collègues déclarent ne pouvoir plus délibérer, leur district, Saint-Germain des Prés, « ayant cru ne devoir ni nommer d'autres députés pour siéger, ni leur donner de nouveaux pouvoirs ».

Le banquier Tassin et le publiciste Carra se retirent également. Contre eux, le district des Filles-Saint-Thoraas vient de nommer Brissot de Warville et de Sémonville ^

Le district des Petits-Augustins « témoigne toute sa reconnaissance aux Électeurs et les prie de ne point suspendre le cours de leurs délibérations, de ne point interrompre leur correspondance avec l'Assemblée nationale jusqu'à la clôture des États Généraux ».

Le Président, Moreau de Saint-Méry, annonce qu'ayant été nommé l'un des cent vingt députés chargés de dresser le plan de municipalité, il est obligé de se retirer, et qu'il désigne pour le remplacer par intérim l'abbé Bertolio. L'Assemblée lui exprime « ses regrets de sa perte » et loue « sa fermeté, son courage, sa sagacité, ses talents et ses vertus patriotiques, qui lui ont mérité l'estime et la reconnaissance non seu-

1. Exposé de l'Assemblée générale des représentants, p. 228. On a vu t. II, p. 40i, a lutte engagée entre Carra et Brissot.

DERNIÈRIÎS DKLIBÉKATIONS DES ELECTEURS. 651

lement de tous les électeurs, mais encore de tous les citoyens de la capitale et même de l'empire français ».

A l'ouverture de la séance du soir, sont reçues plusieurs adresses de villes de province, et la lettre d'une dame de Châtillon-sur-Seine « offrant dix louis pour contribuer aux frais de la milice ou être donnés h deux des braves qui ont pris la Bastille » ; plus, le conseil de frapper « une petite médaille d'argent que l'on porterait à un ruban aux armes de la Ville », et dont la vente pourrait beaucoup produire, si le besoin d'argent était immense ^ ».

Le district de Saint-Martin des Champs fait savoir qu'à l'unanimité, « approuvant tout ce qui a été fait jusqu'alors, il confirme pour trois mois les pouvoirs de ses électeurs ».

Le district de Sainte-Opportune reconnaît que « ses électeurs en particulier et les électeurs en général méritent la reconnaissance de leurs concitoyens pour avoir eu le courage de prolonger leur mission dans des moments aussi difficiles et aussi dangereux, et surtout pour les sages, fermes et patriotiques mesures avec lesquelles ils ont déconcerté les projets sanguinaires de l'aristocratie et dirigé l'ardeur du peuple vers le but sacré de la liberté ».

V Assemblée des cent vingt représentants de la Commune, appelés par le maire à dresser un plan d'administration municipale, envoie une délégation de six de ses membres annoncer « qu'elle est constituée et « remercier MM. les électeurs, dont le zèle et le patriotisme se sont « développés avec tant d'énergie et de succès dans les circonstances les « plus périlleuses et les plus mémorables ».

Les électeurs sont en même temps « priés de continuer leurs « séances, jusqu'à ce qu'il ait été pris des mesures pour suppléer au « service dont la force des circonstances leur avait fait un devoir de (t se charger pour le bonheur public ».

En conséquence, quelques électeurs demeurent la nuit dans la Grande Salle, comme précédemment.

Le 26 ^MJ/Ze^ l'Assemblée générale reçoit, parmi des adresses de province, la communication, très applaudie, de l'acte par lequel la Noblesse do Vitry-le-François a révoqué le mandat impératif donné à ses députés de ne voter que par Ordre, et les a autorisés à coopérer à toutes les délibérations de l'Assemblée nationale.

Elle transmet à la Fayette une lettre de l'avocat de Maille l'informant que « le parti aristocratique est loin de se croire terrassé et médite sourdement une seconde trame, non moins odieuse que la première »; une autre lettre, d'un brigadier de maréchaussée à Mamers, « sur les brigands attroupés contre la Nation, qui pillent les yilles et villages, mettent le feu partout où ils passent ».

Le 21 juillet, le district de Saint-Séverin, qui « approuve les travaux faits par les électeurs en général », confirme aux siens « tous pouvoirs nécessaires pour concourir avec les autres à l'utilité publique ».

i. La lettre, anonyme, est reproduite entière au tome III du procès-verbal, p. 242-243,

L'Assemblée générale invite les cent vingt à se joindre à elle pour recevoir la grande députation que la ville de Rouen vient d'envoyer ^ Il lui est répondu que « le respect de la légalité s'y oppose ». Mais la Fayette vient et s'entend, par l'un des quatre échevins de la capitale normande, appeler « un héros ». — « Héros-citoyen », répète, dans sa réponse aux Rouennais, le président Delavigne.

Des témoignages de fraternité non moins enthousiastes sont échangés avec une députation de Saumur.

Dans la séance du soir, l'Assemblée des électeurs contresigne, en y faisant joindre un ordre du général La Fayette, un arrêté du Comité provisoire en vertu duquel le maréchal duc de Castries, arrêté avec ses équipages, quoiqu'il fût pourvu d'un laissez-passer, devait être « reconduit chez lui, attendu que le tout était sous la sauvegarde de la Ville ».

Elle reçoit du président de l'Assemblée nationale et fait publier des lettres réfutant les bruits d'après lesquels la Cour de Londres était accusée « d'avoir fomenté les troubles de Paris, d'armer contre la France et de faire arriver une flotte sur les côtes pour coopérer hostilement avec une partie des mécontents ». L'ambassadeur Dorset écrit qu'il a lui-même dénoncé au ministre de la marine, dans les premiers jours du mois de juin, « le complot affreux qui avait été préparé relativement au port de Brest » ; il garantit que « sa Cour a infiniment à cœur de conserver la bonne harmonie qui subsiste entre les deux nations, et d'éloigner tout soupçon contraire ».

Le 28 juillet; l'Assemblée des électeurs reçoit les très enthousiastes adresses de Lyon et de Bordeaux,

Le district des Capucins-du-Marais envoie des députés « pour s'instruire de tout ce qui se passe à l'Hôtel de. Ville ». On les admet, et l'on se refuse à délibérer « sur les fonctions à accorder aux électeurs dont les pouvoirs ont été révoqués par leurs districts ».

PllOTESTATION CONTRE UN DISCOURS DE MIRABEAU ^

Le 29 juillet, on dénonce, d'après le Journal de Versailles, le discours que le comte de Mirabeau a prononcé le 23, et dans lequel les électeurs de Paris « seraient présentés comme composant une Assemblée qui, après avoir été saisie par la nécessité des circonstances du pouvoir public, voudrait le conserver, malgré le vœu des districts ».

Dans la discussion soulevée par les scènes tragiques dont l'Hôtel de Ville avait été le théâtre le 22, Mirabeau avait dit, en effet ^ :

« La première et la principale des causes des discordes de Paris, c'est qu'aucune autorité reconnue n'y existe ; c'est que le dissentiment le plus marqué s'établit entre les districts et les électeurs. Ceux-ci ont

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