‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 481 sur 549 · Procès-verbal Duveyrier, t. 11, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal Duveyrier, t. 11, p

u Des applaudissements universels ont manifesté la plus vive allégresse.

« M. Moreau de Saint-Méry a présenté à M. Necker et à M'"" Necker, à M"" de Staël et à M"" la marquise de la Fayette, les cocardes aux couleurs de la ville. En présentant celle de M. Necker, il lui a dit : Ces couleurs vous sont chères, ce sont les couleurs de la liberté.

« De nouveaux applaudissements ont éclaté de toutes parts.

« M. Delavigne, adressant la parole à M. Necker pour lui exprimer les sentiments de tous les électeurs et de tous les Français en général, a dit, au nom de l'Assemblée :

« Monsieur, un peuple nombreux se presse sur vos pas; il ne « pourra jamais oublier que c'est par vous qu'il existe.

« Tel a été, Monsieur, l'heureux empire de vos vertus, que, lors « même que vous n'étiez plus au milieu de nous, votre nom, le nom de « Necker, béni parla Nation, servait de mot de ralliement pour tous les « bons citoyens.

« C'est à votre génie, monsieur, c'est à vos vastes plans debienfai- « sance que la cité que nous habitons doit l'heureuse distributions « qui a été le premier point d'appui de la liberté; c'est cette distribu- « tion qui nous a procuré l'avantage de réunir en un instant, de tous « les points de cette Adlle immense, des forces capables d'intimider les « traîtres et d'en imposer à la scélératesse des ministres pervers qui (( avaient trompé le Roi. Ces mêmes moyens, monsieur, serviront « d'appui à la tranquillité publique; tout nous garantit qu'elle sera « consolidée à jamais, et votre présence nous fait tout espérer... »

« M. Moreau de Saint-Méry, portant aussi la parole au nom de l'Assemblée, a dit :

« Monsieur, la destinée de ce vaste empire est visiblement liée à la «vôtre... Vous le voyez, Monsieur, votre retour est un triomphe « national... »

« M. Necker a répondu :

« Je manque d'expressions. Messieurs, pour vous témoigner, ainsi « qu'à tous les citoyens de Paris, la reconnaissance dont je suis pé- « nétré...

« Le Roi a daigné me recevoir avec la plus grande bonté et a dai- « gné m'assurer du retour de sa confiance la plus entière. Mais au- « jourd'hui, Messieurs, c'est entre les mains de l'Assemblée nationale, « c'est dans ses votes que repose le salut de l'État. Car, en ce moment, « il ne reste presque plus aucun action au Gouvernement.

« Messieurs, qui pouvez tout, et par la grandeur et l'importance (I de la Ville dont vous êtes les notables citoyens, et par l'influence de « votre exemple dans tout le royaume, je vous conjure de donner « tous vos soins à l'établissement de l'ordre le plus parfait et le plus

1. En note du procès-verbal, II, 508, on lit : « La division de la Ville en soixante districts est de l'invention de M. Necker ». C'est lui qui, comme on l'a vu dans noire tome I"", p. 120, 166, 258, 277, 373, 421, avait décidé le comité ministériel électoral à faire fixer ce nombre des subdivisions parisiennes pour les élections primaires du Tiers État, de préférence aux nombres de 80, puis de 64, proposés dans les plans du procureur du Roi et de la Ville.

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