LES CAUSES DE L'ÉMEUTE
paysans, même les serfs du mont Jura, avaient joui de ce droit, dut être plus vif que dans les autres quartiers de Paris au faubourg Saint- Antoine, rempli d'ouvriers venus de toutes parts et n'appartenant à aucune corporation. Le procès-verbal du district Sainte-Marguerite n'a malheureusement pas été imprimé et nulle copie, nul extrait ne subsiste de l'original, brûlé avec les archives de l'Hôtel de ville en 1871. La seule trace authentique qui subsiste, c'est la liste des électeurs choisis par le district; les quatre en titre étaient un marchand mercier, deux négociants et un ancien juge consul; Réveillon ne fut nommé que suppléant, avec un marchand.
Il est à remarquer que Réveillon est le seul industriel qui représente à l'assemblée électorale ce quartier du travail libre; et ensuite que parmi les individus qui furent poursuivis et condamnés pour les émeutes des 27 et 28 avril il y eut un grand nombre d'ouvriers attachés aux corporations qui considéraient la nouvelle industrie du papier peint comme une violation de leurs antiques privilèges '. Contre la liberté de la fabrication des papiers de tenture protestaient et plaidaient depuis 1773 la communauté des papetiers colleurs, celle aussi des imagiers graveurs- enlumineurs, celle encore des peintres en bâtiments, celle même des maîtres-peintres artistes, l'Académie de Saint-Luc .
Onze ans auparavant, lorsqu'il s'était rendu acquéreur d'une fabrique de papiers à Gourtalin, près Faremoutiers-en-Rrie, Réveillon avait été troublé dans son installation par une grève d'ouvriers, qui prit assez d'importance pour motiver un Arrêt du Conseil du Roi ^ Cet Arrêt du 26 février 1777 ordonnait la rigoureuse observation du Règlement du 27 janvier 1739 concernant les papeteries du royaume. Il était motivé sur ce que « les ouvriers des manufactures de papiers du royaume s^étaient liés par une association générale, au moyen de laquelle ils arrêtaient et favorisaient à leur gré l'exploitation des papeteries, et parla se rendaient maîtres du succès et de la ruine des entrepreneurs ».
Défenses y étaient faites « à tous ouvriers de former aucune association, d'exercer aucune espèce de police entre eux, et à chacun desdits ouvriers, à tous en général, de s'immiscer directement ou indirectement dans les discussions qui pourraient survenir entre les maîtres desdites manufactures et les ouvriers qui y sont attachés; de s'assembler à cet effet, de détourner lesdits ouvriers soit de vive voix, soit par écrit, du travail dont ils sont chargés, de les condamner à des amendes, le tout sous peine d'emprisonnement et plus grande peine s'il y échoit ».
Ordre était donné « à tous maîtres de manufactures de papiers, qui auraient connaissance d'association entre les ouvriers et ceux de