Voir plus loin, ch. V
2. Dans les Prix en 1790 (in-8°, 1880), par Léon Biollay, p. 25, note, on trouve indiquée, d'après les manuscrits des Arch. nat., F12735, cette hostilité des anciennes communautés contre la fabrication libre des papiers points.
3. Encyclopédie méthodique, in-4", dans la série des Arts et métiers, à l'article PAPIER, p. 553.
quelque autre manufacture, de complots formés pour faire cause commune, et d'amendes prononcées par lesdits ouvriers, sous quelque prétextt que ce pût être, d'en donner avis sur-le-champ aux officiers de maréchaussée les plus prochains des lieux, lesquels s'assureraient des contrevenants et les conduiraient en prison, pour y demeurer jusqu'à ce qu'il en fût autrement ordonné ».
Tous les témoins oculaires, tous les publicistes de l'époque et tous les auteurs d'histoires publiées durant la Révolution ou aussitôt après sont d'accord pour constater que l'autorité, avertie par la manifestation du 27 avril, aurait pu empêcher la violente émeute du lendemain.
« Un bataillon de gardes françaises placé à propos aurait tout prévenu », écrivaient les deux Amis de la Liberté ^ L'auteur de l'Histoire secrète de la Révolution- raconte: « Réveillon court implorer l'assistance du lieutenant de police, le guet à pied et à cheval était occupé ailleurs; on adresse ce négociant au commandant des gardes françaises. Après vingt courses inutiles, il parvient à l'aborder; on lui promet de puissants secours et on n'envoie que quelques soldats, tandis qu'un bataillon aurait remédié à tout Les séditieux passent la nuit dans les cabarets et se disposent par de féroces orgies au crime du lendemain, et tous les surveillants de la police dorment! w
Nous lisons dans les Mémoires de Resenval ^ :
« On vit abonder une quantité d'étrangers de tous les pays, la plupart déguenillés, armés de grands bâtons, et dont l'aspect effrayant suffisait pour faire juger ce que l'on devait en craindre. Nous fûmes avertis, M. du Châtelet et moi, qu'ils commençaient à s'attrouper dans le faubourg Saint-Antoine et que la maison du sieur Réveillon était menacée M. du Châtelet y envoya un sergent et trente hommes de gardes
françaises. »
Le plus complet récit de l'émeute du 28 avril est donné par YAmi du Roi'' :
« L'insurrection du 27 n'était rien; celle du 28 fut terrible. Dès la pointe du jour, des milliers de bandits se montrèrent de nouveau dans les rues; il leur était arrivé un renfort considérable pendant la nuit. Les commis avaient vu entrer par les barrières un nombre effrayant
d'hommes mal vêtus et d'une figure sinistre Ils parcourent les
différentes manufactures, y distribuent de l'argent et, de gré ou de
1. Histoire de la Révolution de 1780 et de rétablissement d'une Constitution en France, publiée dès 1790, ch. va (Bibl. nat, La^aiT).
2. Pages, 2 vol, in-S», 1797 (Bibl. nat, La^Wt), t. I, p. 92-93. Voir aussi le Précis de l'Histoire de la Révolution, par Rabaut-Saint-Étienne, p. 290-291 du tomel" de ses OEuvres (2 vol. in-8», 1826).
3. Édition de 1805 (Bibl. nat. La»o6), t. III, p. 385. 4.Montjoie, t. I, ch. xv, p. 91-93.