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pu déterminer qui que ce fût à les venir joindre. Ces espions ajoutaient qu'on voyait des gens exciter le tumulte et même distribuer de l'argent.
« La soirée s'avançait, sans que l'acharnement s'affaiblît. Je sentis tout le danger de le laisser continuer pendant la nuit. Je résolus donc de prendre un grand parti pour ramener le calme.
« En conséquence, je donnai ordre à un bataillon du régiment des gardes suisses, auquel je joignis deux pièces de canon, de se porter au faubourg Saint-Antoine, "et je lui prescrivis, si cette vue n'en imposait pas aux brigands, de faire charger le canon à cartouche; et, si ce spectacle ne produisait encore aucun effet, tirer à coups redoublés, jusqu'à ce qu'on eût tué le dernier. Un officier revint bientôt me rendre compte que le tumulte, sur lequel la vue du bataillon n'avait rien produit, s'était apaisé à la vue du canon prêt à tirer.
« Tout Paris me regarda comme son libérateur, et je ne pouvais me montrer nulle part qu'on ne m'accablât d'éloges et de remerciements. Il n'en fut pas de même à Versailles, où personne ne me donna de témoignages de satisfaction, ni même ne me dit un mot sur ce qui s'était passé, ce qui ne me surprit ni ne m'affecta. »
Le baron de Besenval dit qu'on a estimé le nombre des victimes de la répression de l'insurrection à quatre ou cinq cents.
Hardy consigne dans son Journal d'événements i que, d'après le bruit public, il y eut au faubourg Saint-Antoine cinq à six cents hommes tant tués que blessés.
Il rapporte que « le sieur Réveillon, qui avait passé la nuit précédente chez M6' l'Archevêque de Paris, venait d'être mis en sûreté, par l'administration, dans l'intérieur de la Bastille ^ )>.
Le Registre d'écrou de la Bastille ' contient ces notes :
« Le 1" mai, à quatre heures du matin, est arrivé au château le sieur Réveillon, sur un ordre du Roi, contresigné de Villedeuil. Il a été logé à la troisième comté; le prisonnier a demandé de l'être pour sa sûreté
« Le sieur Réveillon a eu beaucoup de visites les 26, 27 et 28 mai, ainsi que depuis son arrivée; il a vu souvent le commissaire Lerat; le sieur Abeille, secrétaire du commerce; le sieur Jacmart; le sieur Dumoulin, maître maçon; la dame Jacmart; la dame Abeille et son fils; l'abbé Morellet; l'avocat Tronson du Coudray; M. le président de