RÉPRESSION MILITAIRE
Gourges ; deux fois le sieur Pontcarré, secrétaire du ministre; le sieur Duval fils, de la police; le sieur Couché, secrétaire de M. de Crosne; le sieur Noroy, de la Manufacture des glaces; le sieur Renouf, procureur au Châtelet; le sieur Lachaume, etc.
« Le 28 mai à neuf heures du soir, le sieur Réveillon est sorti du château; il y avait avec l'ordre pour son entrée, celui de sa sortie, contresigné de M. de Villedeuil. d
Sur l'état de Paris pendant et après la révolte, Hardy note * :
« Mardi 28 avril, vers les cinq heures du soir, l'alarme s'étant répandue de nouveau dans différents quartiers de Paris, des attroupements se formaient en plusieurs endroits, comme sur le Pont-Neuf, au Pont-au-Change, du côté des boulevards de la Porte-Saint-Antoine ; on arrêtait les voitures et l'on forçait ceux qui étaient dedans de crier : Vive le Roi! Vive M. Necker ! Vive le Tiers-État! en leur faisant même donner de l'argent. Tous les marchands se mettent en devoir de fermer leurs boutiques entièrement, quelques-uns néanmoins ne les ferment qu'à moitié; précaution prise d'après ce qu'on avait entendu dire au peuple se dispersant de tous côtés, que, puisqu'on tirait sur lui il allait aussi se procurer des armes à feu, et que le lendemain il ferait grand tapage pour obtenir la diminution du pain.
« Sur le soir, les colporteurs publiaient un arrêt rendu par le Parlement le môme jour, renouvelant les anciennes défenses concernant
les attroupements On craignait qu'au lieu de calmer les esprits
cet arrêt ne servît peut-être qu'à les aigrir encore contre les magistrats, contre lesquels on cherchait à inspirer de la haine en ce moment critique On trouvait dans le Journal de Paris l'extrait d'un arrêt du
Conseil d'État du Roi, daté du 23, concernant les grains et l'approvisionnement de Paris Le préambule était très populaire, et il paraissait que l'administration avait voulu calmer un peu les esprits en prenant tous les moyens de couper court aux accaparements qui devenaient si funestes en plusieurs endroits du royaume par les soulèvements auxquels ils servaient de prétexte -
« Le mercredi 29 avril, on lisait affiché au coin des rues un grand placard en gros caractères, portant avis de par le Roi, que sa Majesté ayant appris avec douleur que toutes les précautions prises pour empêcher les attroupements et assurer la tranquillité publique devenaient insuffisantes, voulant établir de plus en plus le repos des citoyens pai-
U L. c, f°» 299, 300, 301, 302 2. Voir toma IV, ch. VI.
sibles auxquels elle devait sa protection, venait de donner des ordres à M. le duc du Châtelet et à M. le comte d'Apy, pour qu'ils eussent à employer tous les moyens les plus convenables pour rétablir l'ordre et assurer le calme aux habitants de la Capitale
« On observa que le faubourg Saint-Antoine était enfin devenu un peu plus tranquille, par la précaution qu'on avait prise de le bien garnir de troupes de toute espèce et de placer à l'entrée, près du corps de garde du guet à cheval, deux pièces d'artillerie de campagne chargées à mitraille pour en imposer davantage; qu'on avait aussi placé dans la place de Grève un détachement assez considérable du régiment de Royal-Cravate cavalerie sous les armes, tandis que des patrouilles de soldats du régiment des gardes françaises et de celui des gardes suisses circulaient dans les différents quartiers
u Il avait encore été arrêté, disait-on, la nuit précédente un
bon nombre des insurgés du faubourg Saint-Antoine ou d'ailleurs, qui avaient été constitués prisonniers, tant au Châtelet qu'à l'hôtel de la Force, et dont le procès s'instruisait avec activité, prévôtalement
« Les colporteurs publiaient une déclaration du Roi, de la veille, commettant le grand Prévôt de l'Ile-de-France pour instruire le procès de tous ceux qui étaient arrêtés ou pourraient l'être encore relativement à l'émotion populaire et à l'espèce de sédition excitée^ »
A la suite des Mémoires du marquis de Ferrières ^ a été insérée une Lettre au Roi relativement aux désastres des 27 cf 28 avril, par un citoyen zélé, habitant le faubourg Saint-Antoine. Elle fut publiée dans la première semaine du mois de mai 1789 ^ En voici la partie la plus intéressante :
« Témoin de cette scène horrible, instruit d'une infinité de circonstances, que j'ai vérifiées moi-même, souffrez, Sire, que je défende devant vous la cause de l'humanité plaintive
« La première étincelle de la rébellion s'étant manifestée le lundi 27 avril, à deux heures après raidi, c'était le moment de faire marcher des forces suffisantes et de s'emparer de toutes les communications pour atténuer, affaiblir et dissiper les séditieux dans leurs courses. Mais point du tout! L'activité indolente des chefs qui commandent vos troupes leur donne le temps de se réunir, de se fortifier, de prendre
1. Voir t. l"', p. 491-498, les arrêts du Parlement contre les attroupements, et dans ce volume la déclaration du Roi, p. 71-72.
± Édition Berville-Barrière, 2", Bibl. nat. La33ô6, p. 428-i30 du tome I".
3. Brochure de 16 pages in-S», Bibl. nat. Lb^a 7156. Elle contient des notes intéressantes qui ne se retrouvent pas dans le volume cité.