CONTRE LA PÉTITION DES DOMICILIES
« Du mercredi 17 décembre 1887. — Du matin.
« Monsieur le premier Président.
« Ce jour, toutes les Chambres assemblées, les pairs y séant, les
venez de faire en faveur du Tiers-État, qui, à le bien prendre, compose à lui seul la majeure partie de la Nation. . . »
Elle finit ainsi :
« Si les Dauphinois, qui ont de tout temps passé pour les plus fins politiques de la France, et vous de votre côté, qui êtes Noble et Privilégié comme eux, n'aviez été audevant des demandes du Peuple que pour l'empêcher d'en faire de plus grandes, et mettre par là les prétentions des Ordres privilégiés à l'abri de toutes recherches ultérieures! Dans ce cas-là, je n'en profiterai pas moins, avec le reste de mes concitoyens, de tout ce que vous avez dit de bon et de sage, les uns et les autres; mais rien ne pourroit m'empêcher de vous dire avec la franchise dont j'ai fait toute ma vie profession : Timeo Danaos et dona ferentes. — D. . . D. . . »
Aussi bien pour que contre la Pétition se publièrent diverses brochures facétieuses, dont l'une des plus drôles, en patois, est la Bible des habitants de Bagnolet, Charonne et autres lieux, in-8° de 14 pages, Biblioth. Nat., Lb39, 695.
La Revue des principaux écrits sur les États généraux, publiée en plusieurs brochures successives (Bibl. Nat., Lb39, 7071), dit de la Pétition des domiciliés :
« Il n'est pas toujours nécessaire de donner un grand ouvrage pour se faire une réputation... On écrira cent volumes qu'on n'ira pas au delà. »
Dans un Recueil manuscrit, contenant le détail des événements qui ont précédé la Révolution, et qui est conservé dans les cartons 7 et 8 de la série A DI des Archives Nationales, la fameuse Pétition est recopiée tout entière, et l'on a écrit à la suite :
« Cette Pétition a été rédigée par M. Guillotin, membre de la Société de médecine de Paris. Élu député à l'Assemblée nationale pour le Tiers de la ville de Paris, il a soutenu avec force et énergie les grands principes qu'il a posés dans cette sublime pétition. »
1. Elle reparut au mois de janvier 1789, in-8° de 34 pages, avec le résultat du Conseil du 27 décembre 1788 et l'adresse de remerciement des Six Corps.
2. Histoire de la Révolution de 1789, par deux amis de la liberté, 1er volume, publié en 1790, p. 161, 162.