‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789Chapitre 248 sur 282 · LES PRIÈRES PUBLIQUES. 4<J · texte numérisé non relu

LES PRIÈRES PUBLIQUES. 4<J

frivole ne semble-t-il pas oublier en ce moment sa légèreté, pour s'occuper des plus graves intérêts de l'État? De toutes parts on entend retentir les noms de Patrie, d'Humanité, de Restauration, de Régénération. Mais quand nous parcourons cette multitude d'écrits dont le public est inondé; quand, pour quelques idées sages, pour quelques traits de lumière, nous apercevons les opinions bizarres, les systèmes pernicieux qui ont excité déjà le zèle des Magistrats, et mérité l'animadversion des Loix; quand nous considérons l'effervescence des esprits, les orages des partis, pourrions-nous n'être pas alarmés? Combien donc, N. T. G. F., combien n'avons-nous pas besoin de la protection de Celui qui pèse les esprits1, et qui tient dans ses mains les pensées et les paroles des hommes *, pour calmer leurs agitations et leur inspirer cet esprit de sagesse et de concorde si nécessaire pour travailler avec succès au grand Ouvrage du bonheur public?

«Nous n'entreprendrons point ici, N. T. C. F., la discussion de tous les projets contradictoires que nous voyons éclore chaque jour. C'est au Roi, environné de sa Nation, à les juger. Mais, dans un tems où l'on répand des nuages sur tous les principes, il est des droits et des devoirs immuables que nous croyons nécessaire de vous remettre sous les yeux.

« Et d'abord, N. T. C. F., les intérêts du Peuple. Le salut du Peuple, voilà la Loi suprême*, voilà le premier principe et comme la fin dernière de tout gouvernement juste. Nous ne craindrons pas de dire que les Grands, que les Rois eux-mêmes n'existent que pour le bonheur du Peuple. Comment en effet la sagesse et la bonté suprêmes auroient-elles pu sacrifier le bonheur de la multitude des hommes à la gloire d'un petit nombre d'heureux? En donnant des Chefs au Peuple, Dieu a prétendu lui donner des protecteurs. Il a voulu, suivant la sublime parole de J.-C, que les premiers entre les hommes fussent, les serviteurs de tousK Tel est l'ordre de la Nature. Ainsi Dieu a constitué le genre humain s.

« Et si nous joignonsà ces considérations l'espritdu Christianisme, le tendre intérêt qu'il inspire pour les faibles et les petits, et la prédilection que J.-C. montra toujours pour les pauvres du Peuple; ô combien, N. T. C. F., combien les droits du Peuple nous deviennent plus chers encore et plus respectables !

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