Religio secundse majestatis. Tertull. Apologet
2. « Hoc enim distat inter Reges Gentium et Reipublicse Imperatores ; quod Regcs Gentium Domini servorum sunt, imperatores vero Reipublicœ Domini liberorum. S. Greg. Mag. »
dire, N. T. G. F., de l'auguste Maison de France, la plus ancienne de toutes les Maisons régnantes, de ce caractère de bonté et de clémence qui l'a toujours distinguée entre les Maisons souveraines, et qui a inspiré aux François une si tendre affection pour le sang de ses Rois ? Mais, N. T. G. F., quel motif encore plus pressant, pour des âmes sensibles, que la nouvelle preuve que le Roi vous donne de sa confiance et de son amour, en vous rassemblant autour de son Trône, pour concerter avec vous les moyens de vous rendre heureux ?
« En vain des écrits téméraires oseroient tenter de refroidir votre respect et votre attachement pour vos Rois; non, jamais rien ne pourra ébranler un sentiment inné dans le cœur des François. Ah ! plutôt, plus le Roi adoucira le joug de son autorité, plus son autorité vous deviendra vénérable. La Nation lui proposera les précautions nécessaires pour le préserver des surprises qui environnent les Rois ; les abus de l'administration seront prévenus; mais les principes de l'autorité Monarchique demeureront toujours sacrés et inviolables; et la modération du Roi deviendra encore un nouveau rempart pour le Trône1.
« Tels sont, N". T. C. F., les principes consacrés par le vœu de vos pères, par la sanction des siècles et par l'autorité de Dieu même. Telles sont les loix immuables qui présideront sans doute aux délibérations de l'auguste Assemblée.
« Quelle vaste carrière va s'ouvrir devant elle ! Combien de grands intérêts vont lui être confiés ! Rétablir dans l'administration des finances l'ordre et l'économie; l'économie, le plus riche trésor des Nations et des Rois; assurer la dette de l'État et rétablir le crédit national; réformer les injustices dans la répartition des tributs et faire refluer sur les riches la surcharge des pauvres; accomplir le vœu le plus cher au cœur du Roi, le soulagement de la portion la plus nombreuse et la plus malheureuse de ses sujets; réparer non-seulement nos anciens malheurs, mais prendre les précautions les plus efficaces pour les empêcher de renoître; profiter des nouvelles lumières qui éclairent l'administration pour en améliorer toutes les parties, pour perfectionner les loix, pour étendre le commerce, pour ranimer les arts, pour faire refleurir le premier et le plus utile de tous, la respectable agriculture; en un mot, embrasser tout ce qui peut contribuer au bonheur et à la gloire du Roi et de la Nation, dont les vrais intérêts seront toujours inséparables ; quels travaux plus dignes d'enflammer le zèle des vrais citoyens, des vrais amis de la patrie et de l'humanité !
« Quoique le principal objet de la Religion soit la patrie céleste, à
1. « Misericordia et veritas custodiunt Regem et roboratur clementia thronus ejus. Pro : XX, 28. »