D'après l'Almanach royal de
énorme : elle était compétente sur le territoire entier pour tous les cas relatifs à des actes marqués de son sceau.
Les procureurs au Châtelet jouaient un rôle aussi important que celui de nos avoués de première instance. Les huissiers à cheval du Châtelet pouvaient instrumenter dans la France entière. Il y avait des huissiers priseurs et des certificateurs de criées, opérant comme nos commissaires-priseurs et nos crieurs aux Halles.
On sait quel développement avait pris, depuis sa création par édit de mars 1667, l'office du Lieutenant général de police, ressortissant au ministère de la maison du Roi, connaissant en souverain maître du port des armes, de la sûreté de la ville, du nettoiement des rues et places, et de toutes les choses publiques et secrètes qui intéressaient ou étaient censées intéresser l'État. Le personnel de la police parisienne se composait de quarante-huit commissaires et de vingt inspecteurs, qu'assistaient des exempts et des observateurs officieux recrutés par leurs soins1.
Le Prévôt de Paris, suppléé par ses trois lieutenants dans tous les actes effectifs, jouissait des plus brillantes prérogatives honorifiques. Comme chef du Châtelet, il prenait rang aussitôt après le Roi et le président du Parlement. Il marchait à la tête de la noblesse, faisait de droit partie des États généraux, et, quand on l'installait dans ses fonctions à l'audience de la grand'chambre du Parlement, se couvrait après l'appel de la première cause inscrite au rôle, privilège exclusivement réservé aux ducs et pairs. C'était du reste à lui qu'il incombait d'assigner les pairs dans les procès criminels. Il avait douze gardes particuliers, « les sergents à la douzaine » ; un piquet du guet était installé à la porte de son hôtel. En raison du rôle de représentant du Roi à Paris, d'après une ordonnance de 1413, il devait être né Parisien 2.
Le Prévôt de Paris ou son Lieutenant civil, en agissant auprès du Ministre de la maison du Roi, chargé du département de Paris, avait provoqué la publicité donnée par le Prévôt des Marchands et le Procureur du Roi et de la Ville à leur revendication. Ils y firent répondre officieusement par une brochure qui n'a pas été comprise parmi les actes officiels du différend entre la Ville et le Châtelet, mais dont il est nécessaire de donner des extraits, parce qu'elle fut aussitôt réfutée par un nouveau réquisitoire et provoqua un nouvel Arrêté du iîureau de la Ville :
1. Administration de la Ville de Paris et du Département de la Seine, par Maurice Cloch et Henri de Pontich (in-8°. 4884, Paris), p. 76k
2. Voir, dans V Histoire municipale de Paris depuis les origines jusqu'à l'avènement de Henri III, par Paul Robiquet (Paris, in-8°, 1880). les précédents de la rivalité des deux Prévôts parisiens.