DES OFFICIERS MUNICIPAUX CONCERNANT LES ETATS GENERAUX
« Je soussigné, citoyen français, domicilié à Paris, après avoir pris lecture du réquisitoire du 30 décembre, etc., de l'arrêté du même jour...
« Déclare adhérer au dit arrêté, l'approuvant dans tout son entier, consentant que lesdits sieurs officiers municipaux fassent auprès de Sa Majesté tout ce qu'ils jugeront nécessaire pour faire garder et maintenir la Ville et faux-bourgs de Paris dans l'usage et possession de l'Assemblée en corps de commune, en l'Hôtel de ville, pour députer aux États généraux.
« Gomme aussi le soussigné invile MM. les Commissaires nommés par l'arrêté du 30 décembre, de s'occuper le plus promptement que faire se pourra d'un plan de convocation des habitants de la ville et faubourgs de Paris, soit pour l'Assemblée d'élection, soit pour l'Assemblée générale de députation, et de prendre pour base, autant que les
1. B III 115, f° 550-556. La lettre à Barentin est datée du 6 février 17S9.
convenances pourront le permettre, le règlement arrêté par les trois Ordres du Dauphiné, relativement au nombre et aux capacités requises, soit pour avoir voix élective, soit pour être député aux Etats généraux ;
« Gomme aussi d'aviser aux moyens de rendre le dit plan stable à toujours, à l'effet de le faire autoriser par Sa Majesté en forme de Règlement, pour servir non seulement aux prochains Etats généraux, mais encore pour telles et semblables Assemblées qui auront lieu à l'avenir.
« Requérant, en outre, et invitant MM. les officiers municipaux de former un comité pour rassembler les instructions propres à composer le cahier des instructions et des pouvoirs à donnera ceux qui seront députés aux Étals généraux par la Ville et faubourgs de Paris, observant que les pouvoirs doivent être les plus étendus possibles puisque les députés aux États généraux de tous les provinces du Royaume doivent se regarder comme les représentants de la Nation en général, et non de tel ou tel district particulier.
« Et attendu qu'il paraît que l'intention bienfaisante de Sa Majesté est de s'environner à l'avenir des représentants delà Nation pour régénérer toutes les branches du bonheur public, et qu'en s'occupant à la fois de trop d'objets, il est à craindre qu'aucun ne soit bien dirigé, le soussigné croit que, pour les prochains États généraux, il serait prudent de se renfermer dans ce qui concerne les impôts. La surcharge énorme qui s'est opérée, et néanmoins le vide qui s'est formé, annoncent assez combien, dans cette partie, il s'est glissé d'abus. C'est là l'ennemi commun. Nous devons tous nous réunir pour l'exterminer et pour lui substituer un régime sage et inaltérable sur la nature, la quotité, l'assiette,, la perception et l'emploi des subsides, sauf aux Assemblées d'États généraux subséquents à remédier aux autres maux qui affligent la patrie.
« Et voulant à cet égard seconder autant qu'il est en moi les vues de service et d'utilité publique de Sa Majesté, et donner à nos concitoyens une preuve et un exemple du désir que nous devons tous avoir de contribuer au bonheur général, je déclare que je renonce à toute exemption pécuniaire résultante, soit de ma qualité de bourgeois de Paris, soit de toute autre cause, reconnaissant que, comme membre de l'État, je dois en supporter les charges également avec les autres Français sans distinction aucune.
« En foi de quoi j'ai signé la présente adhésion et déclaration, à Paris, le dix-neuf janvier mil sept cent quatre-vingt-neuf.
« Mole, avocat au Parlement. »
Au mois de décembre, s'était imprimée et, dans les premiers jours de janvier 1789, s'était répandue une brochure assez vive1, dont voici quelques extraits :