Comparez avec le texte donné ci-dessus, p. 249 et
tives et plus pressantes. Ce moyen est la ressource de ceux qui n'en ont point d'autre ; aussi M. le Prévôt de Paris l'emploie avec une persévérance infatigable.
« Nous n'avions pas manqué d'être informés que M. le Lieutenant civil avoit été admis au comité de MM. les Conseillers d'État, et qu'il a été écouté pendant trois heures, nemine contradicente.
« Si cette affaire, comme plusieurs le pensoient, eût été regardée comme contentieuse, cette manière de l'instruire et de procéder auroit paru insolite ; mais nous avons opposé au moment de surprise causé par la notoriété de ce fait les justes motifs de sécurité que nous donnent le caractère et l'impartialité des Magistrats respectables auxquels l'examen préliminaire de cette discussion a été renvoyé...
« Pouvant espérer d'être entendus à notre tour... »
Ils le furent, en effet, le lendemain, comme le prouve cette lettre d'Éthis de Corny à Necker1 (5 mars) :
« ... Nous avons été admis au Comité de MM. les Conseillers d'État composant le comité où M. le Lieutenant civil avoit été entendu sans nous. Nous eussions voulu y trouver M. le Prévôt de Paris et M. le Lieutenant civil, dans l'espoir de les convaincre eux-mêmes de la légitimité de notre défense et de celle de nos justes espérances... »
Cependant, dans la matinée du 9 mars, la réplique du Châtelet se distribuait « sans signature du Greffier et sans nom d'imprimeur ». Aussitôt, les Prévôt des Marchands et Échevins étaient avertis, tenaient séance extraordinaire à cinq heures de relevée, et arrêtaient de remettre ledit imprimé au Procureur du Roi et de la Ville, chargé d'en rendre compte le lendemain, à l'issue de l'audience du Bureau de la Ville.
Le 10 mars, le Bureau assemblé, Me Éthis de Corny lut une réfutation point pour point des assertions de Messieurs du Châtelet2.