ROGAT V. A. S. P. P. 0. V. F
Que signifie la formule v. a. s. p. p. ?
La dernière lettre seule peut être interprétée d'une manière certaine : car, dans le C. 1., X, n"* 904, se trouve V. a. 8. p. proc.
Les autres lettres ont été complétées de différentes manières.
Mommsen (C. L, X, p. 109) ne semble guère tenir à l'explication : votis Augusti sacris publicis procurandis, qu'il avait proposée antérieurement. Guarini avait déjà proposé : votis Augusto susceptis publiée procurandis (2). Avellini (3) veut lire : urbi annonae sollemnibus publiée procurandis, Henzen : viis annonae saeris publieis proeurandis. Nous proposons : t;tt^ aedibus saeris publieis pro^ eurandis.
Outre que l'interprétation de Mommsen et de Guarini est intimement liée à leur système de la double édilité que
(1) De même aux d°>319, 647.
(2, Zangemeisler, C. I., IV, p. 192.
(3) Zaogemeister, ibid , p. 9.
• ( 136 ) nous repoussons, elle est en contradiction avec la formule plus abrégée que nous rencontrons au n* 817 :
(Epidiu)m Sabinum (1)
AED. P. A. AfRICANUS ROGAT
On ne saurait dire aedilem procurando Augusio, mais bien procurandae annonae oq procurandis aedibus. Nous préférons viis aedibus à urbi annonae, parce que ces termes semblent mieux, spécialement dans un municipe ou une colonie, se rapporter aux fonctions édiliciennes. Des abréviations analogues à celle du n"* 817, mais qui s'écartent moins de la formule complète, se trouvent encore au n»993:
p. p. AED. 0. V. F. D. R. P. V. S. P.
c'est-à-dire Paquium ou Postumium Proculum aedilem oro vos faciatis dignum reipublicae viis sacris procurandis, et au n* 896 :
Cn. Helvium Sabinu
AED. v. p. D. R. P. 0. v. F.
c'esl-à-dire aedilem viis procurandis, etc. (2).
§ 8. — Les noms propres à Pompéi,
La plupart des bourgeois de Pompéi, au premier siècle de notre ère, portaient, comme les Romains de la République, trois noms : un prénom, un nom gentilice, un
(1) Voyez plus haut, p. 117, n« 1.
(3) Je De pense pas quMI faille interpréter : virum probum, L*épithète probus n*accompagne dans aucune inscription le mot vir : c*est toujours vir ou civis bonus, juvenis probus (pp. 64, n« 4, et 67, n« 1). Le n«> 159 :
M. GeRRINIUX AED.
. . . SUGULA ROG.
( 137 ) cognomen; par exemple, M. Holconius Priscus, P. Paquius Proculus, C Cuspius Pansa (1).
Cependant, dès le commencement de TEmpire, il s'est opéré dans le système de la transmission héréditaire, des noms propres de grandes modifications dont les règles n*ont fait jusqu'ici l'objet d'aucune étude spéciale. Il n'entre pas dans notre intention d'aborder ici ce sujet aussi étendu que difficile. Nous nous bornerons à quelques observations sur les noms propres à Pompéi.
Pendant la République romaine, le nom genlilice et le cognomen étaient étroitement unis et se transmettaient héréditairement, tandis que le prénom du père, donné généralement au fils aine, changeait pour les autres fils. Les fils de M. Tullius Cicero s'appellent l'un M. Tuilius Cicero, l'autre Q. Tullius Cicero.
A Pompéi nous rencontrons certaines familles, comme les Cuspii Pansae, où l'ancien système semble être encore en vigueur. Mais la règle généralement suivie est celle-ci : le prénom (2) et le nom gentilice sont intimement unis et se transmettent de père à fils; le cognomen distingue les membres d'une même famille.
En effet, il convient de constater avant tout ce fait
s'il a été bien copié, doit peut-être se lire : dignum rei publ, sacris (proc.), — W est plas difficile de rétablir le texte du n» 1151, dout la copie semble fort défectueuse.
(1) Le cognomen a parfois la forme qui, du temps de la République romaine, indiquait Tadoption, par ex. M. Herennius Epidianus, L. Sepunios Sandilianus (C. I., X, n» 802X ou bien, de même que sous la Rép., deux cognomina dont un de cette forme, L. Avianius Flaccus Pontianus (C I., X, n» 1064), M. Lucretius Decidianus Rufus (C. L, X, n»» 788, 789).
(3) Je dis généralement. H y a des exemples que des frères portent des prénoms différents et le même cognomen. Ainsi Q. et Sex. Gaecilii Jucundi, fils de L. Gaecillus Jucundus (p. 54), N. et L. Popidii Ampliati, qui étaient peut-être des frères (p. 20, n« 1).
( 138) essentiel que la plupart des cognomina à Pompéi sont communs à plusieurs gentes et parfois même à un nombre assez considérable. Quelle est Porigine de ce fait? Ici il y a lieu de distinguer entre deux catégories de cognonUna.
La première catégorie de cognomina sont des noms essenliellement serviles. Tels sont, par exemple, les noms de Januarius (G. L, X, n* 899), Apollonius (X, n"* 907, 1069), Jucundus, Âgatbemerus, Nymphodotus, Snavis, Pothus, Auctus, etc. (X, n^ 824 et suivants). Les hommes libres qui les portent sont des affranchis ou descendent d'affranchis. Si donc nous rencontrons des Herennii Januarii (tab. cer., n"^ 31 , 88), des Istacidii Januarii (C. L, X, n* 1027), une Lucceia Januaria (C. L, X, n*» 1022), une Umbricia Januaria (tab. cer., n^ 15), ou des Terentii Apollonii (tab., cer., n* 78), des Helvii Apollonii (t. c, n** 26, 34), des Minicii Apollonii (C. L, X, n"" 1069), ou enfin des Caecilii, des Numisii, des Holconii et des Caprasii Jucundi (p. 53, n'' 1), l'identité du cognomen provient de ce que les esclaves affranchis, souches de ces diverses familles, s'appelaient Januarius ou Apollonius ou Jucundus, auxquels noms chacun a ajouté le nom gentilice de son patron. L'identité du cognomen n'indique chez ces familles aucun rapport de parenté.
Mais il y a une seconde catégorie de cognomina. Ceux-ci n'ont pas le caractère de noms serviles, et cependant ils sont également communs à plusieurs gentes^ de préférence même aux grandes familles, qui sont représentées parmi les magistrats de Pompéi ou parmi les candidats aux magistratures. Nous mentionnerons les cognomina suivants (1) :
(1) Là où noas ue noentionDons pas les sources, il suffit de consulter au § 5 les listes des candidats.
Celsus, commun à des Albucii, des Herenmi et des Paquii.
Magnus — gens Aelia, Lollia, Sittia.
Margellus — gens Atria , Cantria , Casellia , Pomponia ,
Vesonia (p. 11, n« 4).
MoDESTus — gens Julia, Samellia, Postunia.
Proculus — gens Gavia, Helvia, HoRDEONiA(un édile, G. I., X,
n» 801), Paquia, Postumia.
RuFUS — gens Audia (II v., G. I., X, n<> 857b), Gavia,
HoLGONiA, Julia, Maria, Naevia, Paquia, Popidia,
TiNTiRiA (G. I., X, no 890).
Syrticus — gens Sextia, Vettia.
Verus — gens Glaudia, Herennia, Rustia, Suettu (1).
D*où provient chez ces diverses familles la communauté de cognomen?
Des inscriptions sur pierre (C. I., X, n^* 846-848) nous apprennent que IV. Popidius N. f. Gelsinus, âgé de six ans vers Pan 63 après J.-C., était fils de N. Popidius Ampliatus et de Corelia Celsa. Il avait donc reçu le prénom et le nom gentilice du père, — le cognomen de la famille maternelle. Voilà, ce semble, la règle généralement suivie.
Les fils portent le prénom et le nom gentilice du père; ils se distinguent par le cognomen, recevant soit le cognamen du père, soit celui de la famille maternelle, ou peutêtre celui d'un autre parent plus éloigné.
Aussi avons-nous vu plus haut quil existait une proche parenté entre
M. HoLCONius Rlfls et M. Holgonils Celer (p. 24),
M. LiGiNius Romanis et M. Licinus Falstinus (p. 101, n« 27).
(1) H se i><*ncontre aussi des cognomina mixtes, par ex. Félix, Secuodus, qui sont à la fois des noms serviles et des noms de grandes familles à Pompéi.
A, SuETTius Certus et A. Suettius Verus (p. 105, n« 74), P. Vedius Siricus et P. Vedius Nummianus (p. 107, n«93).
Probablement étaient-ils respectivement frères.
Parfois aussi le cognomen est remplacé par un second nom genlilice, qui a la même origine que celle que nous avons attribuée au cognomen, par exemple :
M. HoLCONius Gellius (II V. en 23. C. I., X, n^ 895); L. Albienus Staius (II v. en 32. C. L, X, n*» 899) (1); C. Cornélius Casellius (2).
Souvent même les noms sont au nombre de quatre : le prénom et le nom gentilice du père, le nom gentilice et le cognomen de la famille maternelle ou d*une autre famille parente. Les exemples que nous avons notés sur les inscriptions sont les suivants :
M. Alleius Luccius Libella (p. 106, n* 82).