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un beau cavalier à sa portière, de croiser des voitures, de se mettre debout devant les vasistas baissés, et d'écrire dans la buée chaude. Puis des histoires qu'on ne saisit pas, des bouderies entre les gens qui accompagnent, des assauts de préséance pour des places à occuper. Lui aime autant être ici que là, il préfère être debout sur les coussins et se détendre. Devant lui, des secrets se racontent qu'il ne peut comprendre, et il en demeure étonné des journées. Pourquoi a-t-on ri, pourquoi a-t-on boudé? C'est le diable.
Vers ses huit ans, on satisfait tous ses caprices sur le fait de costume; on va jusqu'à l'habiller en valet de chiens de la meute impériale, un de ces gaillards que le peintre Schopin montre dans un hallali du cerf où l'Empereur joue un rôle de premier ordre. Il a la tunique galonnée, le chapeau en bataille, les bas clairs sur des culottes, et les photographes le gardent au monde ainsi déguisé et quinaud (1). Mais
1. C'est le photographe de Flmpératrice, Spingler, qui nous a conservé ces pièces amusantes et rares maintenant. Le prince est debout sur une chaise, il a le chapeau de gendarme des valets de chiens, la veste galonnée, les bas blancs sur les culottes. Il tient un cor de chasse enroulé autour du bras gauche.
Le prince impérial en valet de chiens
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quand il a quitté cette livrée, quitté aussi son uniforme de grenadier avec, cette fois, les pantalons tombant sur les guêtres; il doit des heures de travail à son précepteur M. Monnier, et M. Monnier ne badine guère. C'est un pauvre garçon franc- comtois,- très instruit, croyant, paysan du Danube,6tonnamment dépaysé parmi ces beaux seigneurs et ces femmes charmantes. M. Monnier se bute, il prend fort au sérieux son rôle, il n'admet pas qu'on dérange son élève lorsque l'heure sonne d'étudier. Il s'est assimilé à Alcuin dont il vient d'écrire une histoire très serrée, et dans son innocence de la vie pratique, le pauvre précepteur s'en tient aux curricula du temps de Charlemagnc. L'Empereur n'ose point insinuer que les temps ont changé depuis. Il a pour ce garçon honnête un grand respect, mais il convient que sa pédagogie montre un peu de sévérité carolingienne. L'enfant bâille, parce qu'on lui voudrait un raisonnement d'homme mûr, et qu'on ne s'explique pas sa froideur en présence du traître Ganelon ou de Roland coupant en deux les roches de Cerdagne. Il a plus de goût pour les minutes consacrées à M. Baclion, son professeur d'équitation dans le manège du Louvre, plus d'entraînement aussi
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pour les sous-officiers décorés et médaillés, très doux, infiniment bons, qui lui enseignent à porter armes en l'appelant Monseigneur.
Le voilà un petit garçon pareil aux autres dans ses allures, ni plus beau ni plus laid, plutôt élégant de tournure et gracieux. On l'habille de vestes courtes^ de culottes arrêtées aux genoux, on le coiffe d'une petite casquette à visière, comme nous les avons tous portées sur son modèle. Quand il monte sur son petit cheval, Bouton-d'Or, sous la surveillance de Bachon ou de M. d'Espeuilles, il est en gris, coiffé d'un chapeau rond, avec des guêtre Ites de cuir. Delton nous l'a gardé ainsi, il a gentille allure, il « semble un petit lord », suivant le mot naïf de miss Shaw, la gouvernante.
Sa physionomie ne change guère de cinq à dix ans; elle est franche, ouverte, assez gaie. Le visage tient de l'Impératrice une chute des yeux vers les joues, plutôt jolie, du père un regard clair, sans toutefois les clignottements ni les indécisions. Le profil est fin, la nuque d'une attache distinguée, les mains assez dessinées, le corps droit, mais fort moyen. Il se coiffe en rejetant ses cheveux en arrière, ce qui met une houpette en haut du front et allonge l'ovale d
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visao:e tout à fait o^entiment. On a ri des oreilles, pourtant elles sont celles des bambins parisiens, un peu écartées, sans rien des caricatures qu'on en a voulu faire.
L'Empereur lui a donné le bouton de vénerie, c'est un nouveau prétexte à travestissement; la Cour adore les costumes et l'enfant plus que nul. Il a la veste à pans, les culottes lilanches, les bottes à 1 ecuycre, le mignon couii'iwi de cliasse, et, sur la tête, l'inénarrable lampi(m Louis XV imaginé par de Dreux ou Gompte- (.alix pour l'uniforme des chasses impériales (1). Grotesque en haut de moustaches ciri'csoude favoris, le lampion est sur cette bonne ligure de petit, aussi gracieux que possible; le prince est très fier de son importance, il monte l)Outon-d'Or ainsi fagotté, et, trottinant menu, Miit la calèche de Flmpératrice dans les dépla- (••"inents cynégétiques à Compiègne.
On le voit dans les circonstances prendre très au sérieux son rôle de fils de France; il s'est ttim aux côtés de l'Empereur sans rire, éton-