La photographie du prince ainsi costumé est de
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namment digne lors de la réception des ambassadeurs siamois à Fontainebleau. Ces gens, habillés de jaune, coiffés de bonnets pointus et qui se sont traînés sur les genoux jusqu'au trône ne lui ont pas trouvé un sourire. Sans doute, on la prévenu, on Ta sermonné, mais quel autre se fût tenu? Gérôme l'a peint aux côtés de son père dans la représentation de cette scène curieuse, il a dit la vérité en le faisant impassible, presque ennuyé.
Un peu plus tard, au moment de l'exposition de 1867, le prince impérial aura sa tenue de gala, un veston de velours noir, un gilet et une culotte pareils, des bas de soie rouge, des escarpins vernis, et, sous le veston, le grand cordon de la Légion d'honneur. Il est maintenant de toutes les fêtes, il salue les ambassadeurs, assiste aux banquets, touche la main des souverains de passage. Il sera embrassé au perron des Tuileries par ce roi Guillaume qui, à trois ans de là, affectera à l'endroit des siens, les hauteurs aristocratiques d'un burgrave. Et l'on s'est amusé beaucoup de la bonne grâce du petit, quand, au mois de juillet, en présence du sultan, le jour de la distribution des récompenses aux exposants, on l'a chargé de remettre
,0 prince impérial en costume de gala, à l'Exposition de 1867
à son père, à TEmpereiir, une médaille d'or pour ses fermes modèles. Il a des façons mignonnes de saluer, de prendre la main aux personnages, il se campe, il se sent regardé et n'en a point honte. Hélas ! que ne lui dit-on pas? Il est l'héritier de lapins belle couronne, il a de l'esprit, il est le premier garçonnet de France, c'est dire du monde; l Impératrice est là pour tempérer les éloges, mais, tout en protestant, elle laisse travailler cette petite cervelle, et Louis peut rêver à l'aise.
Il rêve parce qu'il n'entrevoit rien du monde qu'à travers les courtisaneries et les sourires intéressés. Il aurait peine à croire que ce Fontainebleau oii il a sa flottille, que ce grand parc où il peut tout oser, que les Tuileries bousculées pour ses études sur les fortifications (i), ne fussent pas un bien propre, un héritage venu des siens. Puis, au milieu de l'ignorance oii il vit des choses, comme tant d'autres avant lui, il a quelque jour un affront public, il en a l'étonnement des heureux frôhant par hasard les colères populaires. Là encore, on s'attache à gazer pour
1. Les enfants d'alors se rappellent les courtines, les fort lilliputiens construits pour lui sur la terrasse du bord de l'eau.
lui l'aventure, on enguirlande la vérité, il n'y a que rimpératrice dont les crises de nerfs accusent le vrai. Alors, ce sont des pourquoi de la part de l'enfant, des demandes mystérieuses faites par lui à ses fidèles, auxquelles on riposte par des contes vagues. Tout d'un coup, très brutalement, il a fait son apprentissage de souveraineté, en attendant Tautre réveil, le plus terrible, celui de la guerre.
Jusqu'en 1870, on le berce d'illusions, on lui confère des grades, on le nomme officier. La Cour s'étourdit de mirages, il en prend sa part, stupéfait parfois cependant de traverser en voiture des foules moins empressées et moins polies. Puis on surveille davantage ses promenades, on veille sur lui, il n'a plus, comme jadis, la faculté de trotter sur Bouton-d'Or en compagnie d'un simple écuyer. Ses traits prennent de la langueur et de la rêverie. Il a beau donner aux pliotographes des poses tranquilles sous son uniforme de chasseur, le crachat sur la poitrine, et fixant bien de ses yeux limpides, il convient que quelque chose est changé. Alors il ne connaîtra plus qu'une saison de bonne, la dernière, passée à Fontainebleau, quand son père l'admet au jeu des petits papiers, et que la
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-oirée calme tombe sur le château. Une fois encore une extase, celle du départ pour l'armée, à Saint-Cloud à Tembarcadère spécial de l'Empereur, au milieu de la grande fièvre, dans les einbrassements, avec partout des cris étranges \enus des buissons voisins, des routes proches, les acclamations tout le long delà route, etl'ass urance d'être enfin un homme portant épée . Ima- Liiuez le devin qui s'en fut venu dire la défaite, rcxil,Woolwich, et là-bas, tout là-bas, au bout de lunivers, dans une brousse d'Afrique, le Zoulou aiguisant sa sagaye contre l'Anglais et tuant le pL'tit-neveu comme Iludson Lowe avait tué le urand-oncle...