‹ Les élémens primitifs des languesChapitre 11 sur 41 · IL · texte numérisé non relu

IL

Source du verbe substantif signifiant l'existence.

Chez les premiers hommes, le même terme a signifié la vie et l'existence en général; leur langage n'étoit pas assez fécond pour distinguer ces deux

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idées. Nous les confondons encore, lorsque nous disons , faire revivre une opinion ou une coutume , pour la renouveler. L'on a exprimé la vie par le souffle ou la respiration qui en est le signe certain. L'Ecriture nous en fournit la preuve lorsqu'elle nous dit, Gen. 2, 7, que Dieu souffla sur le visage ou sur la bouche d'Adam un souffle de vie , et que dès lors Adam fui un être respirant et vivant. Nous disons très bien en français ce qui respire , pour ce qui est vivant , et expirer pour cesser de vivre. Or, la respiration se peint naturellement par le monosyllabe âf, aph ou ûc; ce monosyllabe, prononcé lentement, est Faction même de souffler ou de respirer.

Aph, af, av y en hébreu et dans les autres langues, a donc signifié en général toute espèce de souffle , le vent , V air , ce qui fait un bruit semblable au vent , un soupir, ï haleine, la respiration , et conséquemment la vie , V être , lame , ce qui vit > ce qui respire, ce qui existe, et par analogie, V odeur y ce qu'on respire , et même la voix qui n'est qu'un souffle ou un ébranlement de l'air. Dans le ps. 55, 6, Verbo Domini cœli firmati sunt, et spiritu oris e/us omnis virtus eorum. La parole et le souffle sont regardés comme équivalens. Voilà la suite des analogies, ou la marche de l'esprit.

Aph et av , changés par une lettre de même organe, ont produit am : celui-ci a fait an et ar , parce que m, n, r, finales, se confondent dans la prononciation.

Av , en substituant le sifflement du j à celui du

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vy est devenu aj , haj y nouvelle peinture, et par

inversion, ja, Ta.

Par un autre sifflement, av s'est changé en az qui est encore une peinture du souffle \ celui-ci a formé as, ass y asch, ast, at. Voilà la mécanique de la prononciation, ou la marche de la langue.

Peu m'importe que ces changemens soient arrivés suivant la progression que je viens de décrire, ou dans un ordre contraire. Il me suffit que le même monosyllabe ou la même peinture ait pu recevoir toutes ces différentes altérations, en suivant toujours le mécanisme que j'ai fait observer ci-devant. C'est un exemple et une preuve de ce qui a été dit , que les images primitives se sont changées peu à peu, et sont devenues méconnoissables par la prononciation.

On ne doit donc pas être surpris que toutes les

syllabes suivantes : *$> *? TV fj' DSl ÎK' ^ DH'

J aph , av , haj , îah , am , an , ar , as ,

u 1 ) soient employées indifféremment

ass, asch, ast, at, ath, r J

pour signifier la même chose, le souffle, la vie, l'existence.

En effet, nous retrouvons tous ces monosyllabes usités seuls ou en composition dans nos quatre langues avec ce même sens; et ce qui doit paroitre plus singulier, ces mêmes monosyllabes ., à. la réserve du premier, qui est le plus fort, forment précisément toutes les inflexions ou variétés de la conjugaison des verbes i(^\ , swn, je suis , en observant de changer souvent les aspirations initiales en sifflemens, ç' est-a-dire en /ou en s, suivant la méthode ex-

pliquée dans la seconde dissertation , et en se souvenant que les voyelles sont indifférentes.

Cette mécanique deviendra plus sensible dans la table suivante, où les inflexions de ces verbes sont rangées, non selon l'ordre de leur conjugaison, mais selon leur rapport avec les monosyllabes ou racines que je viens de détailler.

ix, in, v»i m-

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