VII
La racine du verbe est l'impératif. Autre défaut des conjugaisons hébraïques.
Comme je ne veux contester avec personne, j'aclmeltrai volontiers des verbes en hébreu, mais à
i'inipératif seulement. Toute l'énergie du verbe y est renfermée, et dans toutes les langues c'est le mode le plus simple. Les impératifs latins I, day die, duc,fac,fer7 sont monosyllabes; il en est plusieurs en françois qui ne sont pas plus longs, et ils sont en très grand nombre dans les langues orientales. Aussi le savant Leibnitz pensoit que l'on devoit chercher dans l'impératif la racine des verbes de la langue allemande , et la même raison subsiste pour toutes les autres. A l'impératif, à proprement parler, le verbe ne porte aucun caractère de temps; c'est un accessoire dont il est dégagé, et si on lui en attribue, ils sont empruntés du substantif. Il exprime et commande une action ; c'est toute la force du verbe. Pour assigner une racine aux verbes ou participes hébreux, cétoit là sans doute qu'il falloit la placer, plutôt que dans la troisième personne du prétérit. Voilà pourquoi, dans là traduction des trois premiers versets delà Genèse, au §. précédent, j'ai mis L'impératif esto.
De même, pour ne point disputer sur le terme, je supposerai encore des conjugaisons en hébreu, pourvu que l'on convienne que ce sont des conjugaisons de participes^ plutôt que des verbes proprement dits. Mais de quelque manière qu'on les envisage, on avouera du moins que c'est un édifice très mal construit. Pour y accoutumer les commençons, il eût fallu suivre, autant qu'on le pouvoit, l'ordre des conjugaisons grecques et latines. Un homme, habitué dès l'enfance à leur marche, se trouve désorienté à l'ouverture d'une grammaire
DES LANGUES. 9j
hébraïque : loin de soulager l'esprit et la mémoire, il semble qu'on se soit appliqué à les révolter. L'avantage de mettre en tête la racine prétendue est nul; il suffisoit de la mettre entre deux parenthèses; une simple raison de convenance devoit céder à l'habitude et à la commodité.
Mais c'est assez parler contre les grammairiens mes maîtres et mes confrères; je ne leur fournirai sans doute que trop de sujet de me rendre la pareille.
lJ8 ELEMKNS PRIMITIFS