‹ Les eléments d'une renaissance françaiseChapitre 10 sur 20 · II.l \II.NI> I» l M'. liKNAl^^A.NCK KU AXTA ISK II f · texte numérisé non relu

II.l \II.NI> I» l M'. liKNAl^^A.NCK KU AXTA ISK II f

*li* s;i paroisse, los prélats, les gens de hi société, tout le inonde l'eut piqué sans cesse, vexé de toutes les manières, peut-être même eût-il dû subir de la prison, connue Galilée, tant d'éternels rêveurs.

Deux siècles plus tard, Auguste Blanqui, condamné, objet de persécutions, restait pourtant terrible et ardent fanatique. Mais comme il n'imaginait point que la société actuelle pût favoriser son goût pour les travaux de l'esprit, il se trouva bientôt contraint de choisir entre eux et l'emprisonneiiient (après tout, un bon cachot sera peut-être, un jour ou l'autre, le seul lieu du inonde où puisse vivre un philosophe ({ui préfère la pensée aux entreprises quotidiennes et aux délices de la fortune).

Demeurer dans une prison, telle est donc, je pense, la manière unique, pour un écrivain libéral, de se soustraire à la tyrannie du clergé et de la société où il se trouve. Mais convenez des désagréments offerts aussi par cette ressource. Une pareille situation n'est pas également favorable à tous les tempéraments. D'une constitution délicate, Ernest Renan, par exemple, n'eut peut-être point supporté sans soulfrance le régime de la prison, une nourriture misérable, et cette constante humidité qui suinte des murs. h»s mouille, aigrit toute l'atmosphère.

En vérité, il fallait s'exprimer. Une nouvelle conception du monde ou de sonores comédies, voilà ce que nous demandons à des hommes de cette qualité, Descartes, dans sa retraite bourgeoise à Ainstcr-

Ilî2 ELEMENTS D UNE RENAISSANCE FRANÇAISE

dam ; Beaumarchais, riche financier, amoindri par de basses besognes de courtisan; Blanqui, en prison, au Mont-Saint-Michel ; Renan, occupant un poste officiel au Collège de France, fortunés, heureux et illustres aussi, tels sont nos maîtres, les bienfaiteurs de notre esprit et de la pensée française. Ces situations si contraires où nous les trouvions les uns et les autres, je les suppose indispensables à leur repos, à leur travail. C'est à la faveur d'une telle existence qu'ils ont pu composer tant d'ouvrages remarquables.

(ig mai i8g^.)

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