‹ Les éléments de l'ancienne constitution françaiseChapitre 25 sur 40 · LA REPRÉSENTATION NATIONALE · texte numérisé non relu

LA REPRÉSENTATION NATIONALE

Dans cette sobre et magnifique biographie , qui nous révèle l'homme le plus complet de l'antiquité , si elle n'est pas un type plutôt qu'un portrait, Tacite loue. Trajan d'avoir accordé le pouvoir et la liberté (1). N'était-ce point une flatterie pour le prince , ou une illusion du patriotisme de l'historien? Peut-être eelui qui avait peint avec une $i profonde horreur la tyrannie de Tibère et celle de Néron , ne jugeait-il que par comparaison le prince dont la douceur permettait à ceux qui « se survivaient à eux-mêmes, » (2) de louer un grand homme, avec la certitude d'obtenir, pour leur pieuse tendresse , les suffrages de la postérité.

Quoi qu'il en soit , le problème ' résolu , d'après Tacite par Trajan, a été posé de tout temps aux peuples et aux souverains. La solution ne sera jamais complète. Il faudrait supprimer la liberté humaine ; mais on peut s'en approcher , et ce but est digne des plus nobles efforts. On y parvient grâce à des institutions soutenues par l'énergie des mœurs publiques , ou par la

(1) Res olim dissociabiles miscucrit, principatum et libertatem. Agricola. ni.

(2) Agricola m.

volonté d'un souverain , qui , limitant son pouvoir , y associe dans une certaine mesure , ses sujets. La gloire du souverain et des sujets « consiste alorsà être esclaves de la loi, » (1) et cet esclavage est la vraie liberté, comme il est l'exercice le plus généreux et le résultat le plus beau de l'autorité. Aussi Platon a-t-il pu dire : « On ne doit jamais établir d'autorité trop puissante , et qui ne soit point tempérée ; et ce qui nous fait penser de la sorte , c'est qu'il importe à un Etat d'être libre, sage, uni, et que ces grands objets ne doivent jamais sortir de l'esprit du législateur. » (2)

Rome put jouir , un moment, de la bonté de Trajan. Malgré des épreuves de toute sorte , la France a profité pendant huit siècles des bienfaits de ses institutions, et si , « ce furent les armes qui fondèrent l'empire des Franks , ce fut la vertu qui affermit la royauté. » (3)

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