CHAPITRE 1- LA CONSTITUTION FRANÇAISE
Une constitution est l'ensemble de principes, de lois, d'usages et de traditions, qui règlent les droits et les devoirs du pouvoir et des sujets.
Elle est fondée sur des idées générales, communes à tous les peuples, et sur des institutions en rapport avec le génie , la situation , le caractère et les besoins de chacun d'eux.
Il y a , dans toute constitution , des principes qui ne doivent pas changer, et des lois qui peuvent subir, suivant les temps et les circonstances, des modifications plus ou moins nombreuses, plus ou moins profondes.
La loi du progrès qui est la grande loi de l'individu et de l'humanité, s'applique aux constitutions. Elle ne consiste pas à détruire, car « il n'y a de détruit que ce qui est remplacé, » (1) et l'homme n'a pas toujours
(1) Danton aux Conventionnels.
et pour tout une puissance créatrice. Elle tire , des principes fixes, des conséquences nouvelles; elle met fin à un abus, et rétablit ce que la passirn av.ait altéré ou détourné; elle ouvre des voies où, sans rien renier de ce qu'elle a prescrit , sans rien dédaigner des conquêtes réalisées, elle reçoit un accroissement de moralité, de liberté, de sécurité, de richesse sociale et de bien-être individuel. Si la loi religieuse trace à l'homme son devoir en lui disant : « Soyez parfaits , » (1) elle n'a pas d'autre prescription à donner aux nations. Ce perfectionnement résulte du respect pour les lois primitives. Il n'est jamais plus réel et plus solide que lorsqu'on en parle peu. « Je ne suis pas étonné , a dit Ch. Nodier, de voir l'instinct de perfectionnement se développer chez les peuples avancés qui n'ont besoin de marcher que parce qu'ils ne marchent plus. Chez les peuples qui marchent naturellement au but où ils peuvent atteindre, il n'en est jamais question. » (2)