III. — Beauté idéale
i l'on admet l'axiome souvent cité: — la beauté n'existe que si chacun de ses éléments est présent à un degré plus ou moins élevé — et, par conséquent, la beauté particulière de l'œuvre d'art ne consiste pas dans la présence, mais, dans la prédominance de l'un des éléments de beauté, — l'on doit considérer la beauté idéale comme une expression spéciale et propre du beau et comme l'un des principes inhérents à l'œuvre d'art parfaite. Le sculpteur qui expose par une statue la beauté formelle exclusive, le peintre qui offre par un tableau la reproduction fidèle et caractéristique d'une scène de la vie intime donnent tous deux un exemple de la beauté considérée à des points de vue différents — Informe et le caractère — et, suivant son importance, leur œuvre méritera l'estime et l'éloge. Cependant, la beauté n'apparaît pas à son degré le plus élevé dans l'un ou l'autre cas, ni dans son essence, ni dans sa plénitude. La vie réelle est représentée sous son plus bel aspect et exprime d'une manière agréable l'intérêt qui se retrouve au fond de toute activité intellectuelle; mais, la nature matérielle ne peut se dépouiller davantage de sa réalité, ni dépasser une limite positive infranchissable.
Si Ion suppose une troisième qualité plus noble unie à la bjauté formelle et caractéristique, pénétrant par une inspiration idéale la représentation déjà décrite de la nature, — c'est-à-dire que le principe de la beauté idéale domine