‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 12 sur 92 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« L'Ethologie, écrivait Stuart Mill il y a plus d'un demisiècle, est encore à créer. Mais sa création est à la fin devenue possible. » D'importantes contributions à la science du caractère, ont été apportées depuis \ En ces dernières années notamment, les travaux de MM Ferez, Ribot, Paulhan, Fouillée^ peuvent être considérés comme apportant plus que des matériaux pour la constitution d'une théorie solide. Toutefois, et la diversité môme de ces œuvres, la différence des points de vue auxquels se placent ces auteurs, suffirait à le prouver, la question n'est pas épuisée, et il semble qu'on peut avoir encore le droit de l'aborder. En un problème si difficile, d'une si déconcertante complexité, et en môme temps d'une importance psychologique, morale et sociale, si vraiment capitale, il est permis d'apporter le

1. Cf. A. Bain. On study of ihe Character, including an estimate of Phre- ^ology; London, Parket a. s. t86i. — J. Bahnsen. Beitrdge zur Charakte- ^ologisy Leipzig, Brockhaus, 18C18. — G. Lo Bon. Sur l'étude des caractères, ^evue Philos., t. IV, p. 496, novembre 1877.

^- B. Pérez. Le Caractère, de Venfant à l'homme, Paris, Félix Alcan, 1892. — Ribot. Sur les diverses formes de caractères, in Revue Philosophique, 1892, t. XXXIV, reproduit dans sa Psychologie des Sentiments, Paris, Pélix Alcan, 1896, II« partie, ch. xu. — Paulhan. Les Caractères, Paris, Félix Alcan, 4893. — Fouillée. Le Tempérament et le caractère^ d'après *€s individus, les sexes et les races, Paris, Félix Alcan, 1895. Il y faudrait ^-jouter : Queyrat. Les Caractères et l'éducation morale, Paris, Félix Alcan, i^^6. — Alb. Lévy. La Psychologie du Caractère, Bruxelles-Paris, Lamer- ^^"^y Félix Alcan, 1896. — W. Slern. Ueber Psychologie der individuellen ^^fferenzen; ideenzur einer « differenziellen Psychologie », Leipzig, Barth., \90o. — G. Ribéry. Essai de Classification naturelle des Caractères, Paris, Félix Alcan, 1902

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XX LES ÉLKMENTS DU CARACTÈRE

résultat de ses observations et de ses réflexions, même si olles ne devaient servir qu'à préciser quelques points particuliers et n*avaient pas la prétention de fournir une théorie complète et nouvelle.

Une obligation toutefois s'impose à nous dès le début : celle de dire comment nous avons compris et délimité notre sujet, sur quels points nous nous sommes surtout proposé d*insister. Or la question de l'objet propre d'une science est si étroitement unie à la question de la méthode, qu'on ne peut traiter Tune sans traiter l'autre.

1. — Seul, à ma connaissance, Stuart Mill, s'est expressément occupé de la méthode de l'Ethologie. Il y a consacré l'un des chapitres les plus curieux, et aussi les plus connus de sa « Logique* ». Voici, très en bref, quelles sont ses conclusions. Les hommes ne sentent ni n'agissent tous de la même manière dans les mêmes circonstances; mais il y a des causes générales qui font que, dans telles ou telles conditions, telle ou telle personne sentira ou agira d'une façon déterminée. « En d'autres termes, il n'existe pas de caractère universel dans l'humanité ; mais il y a des lois universelles de la formation du caractère. » Ces lois sont des « lois dérivées résultant des lois générales de l'esprit » ; on ne saurait donc les découvrir par l'observation et l'expérimentation ; pour les obtenir « il faudra les déduire de ces lois générales » ; la méthode doit être « entièrement déductive ». Du même coup se trouvent établies et les différences et les relations de la Psychologie et de l'Ethologie. La Psychologie est « la science des lois fondamentales de l'esprit », c'est-à-dire des uniformités de succession que présentent les phénomènes de l'esprit. L'Ethologie sera « la science ultérieure qui détermine le genre de caractère produit conformément à ces lois générales par un ensemble

1. Système de Logique inductive et déductive, liv. VI, ch. v. Paris, F. Alcan.

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