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terrain plus ou moins propice,, bien qu'elle ne se manifeste peut-être encore que sous forme de docilité un peu passive ou de violence irréfléchie, de résistance ou d'entêtement un peu aveugles, d'opiniâtreté ou d'inconstance assez peu raisonnables.
Enfin, outre que chacune des fonctions psychiques diffère ainsi en quantité et en qualité à la fois, la proportion est variable selon laquelle elles s'équilibrent, s'organisent, se tempèrent. Et si la folie, l'épilepsie, la tendance au crime ou au suicide sont héréditaires, quoi d'étonnant à ce que le soient aussi l'harmonie et la santé morales ?
C'est cet ensemble de fonctions psychologiques primitives et primitivement définies qui constitue le caractère inné, ce que Leibnitz et Kant nommaient le « tempérament moral », le c< tempérament de l'âme ». C'est là le point de départ de toute l'évolution future de Têtre : pour certains ce sera le tout du caractère, pour tous c'en est la base. Voilà ce que l'éducateur se doit proposer avant tout de discerner en chaque enfant, pour savoir en quel sens et par quels procédés il convient d'agir sur lui. Car on ne transforme une matière que si Ton sait bien quelle en est la nature, la résistance, l'élasticité, la plasticité. Voilà aussi ce que doit envisager tout d'abord le psychologue qui se propose de déterminer les diverses formes de caractères.
II. — Est-ce à dire que nous devions nous borner à l'étude de l'enfant dans cette recherche ? Non à coup sûr ; et pour plusieurs raisons. — En premier lieu, si l'on voulait parler à la* rigueur, c'est de l'enfant au moment même de la naissance qu'il faudrait s'occuper, c'est-à-dire alors que tous ces traits distinctifs, ces peirticularités individuelles demeurent presque insaisissables et ne sont encore que les traces fugitives de ce qui ne se manifestera clairement que beaucoup plus tard. Pour peu qu'on attende, en effet, des causes singulièrement
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complexes interviendront et Tinfluence de la première éducation se fera sentir. Que l'éducation commence dès le berceau, que, coinine dit Monlai^me. « notre principal gouvernement soit entre les mains des nourrices », c'est là une vérité incontestable et qui a été si souvent mise en lumière, qu'il n*y a pas à y insister. Mais il en résulte que, précisément à Tépoque où Ton pourrait observer dans Tenfant des manifestations un peu précises de son caractère inné, des influences étrangères sont intervenues, et ce n'est déjà plus Tétre primitif qu'on a sous les yeux.
Et surtout, Tenfant n'est pas l'homme en abrégé. Il n'est pas vrai que chez lui se rencontrent, comme en raccourci, toutes les fonctions psychologiques que l'analyse découvrira ultérieurement dans l'individu complètement développé. La psychologie infantile ne s'est pas toujours assez soigneusement tenue en garde contre une conception analogue à celle de l'emboîtement des germes, d'après laquelle le germe contiendrait l'être futur non pas virtuellement, mais sous sa forme complète, avec toutes ses parties, extrêmement réduites en dimension. Ce qui est vrai de l'organisme embryonnaire où les organes et les fonctions, — bien qu innés dans toute la rigueur du terme, — ne sont pas préformés et ne se difTérencient que progressivement, par suite . d'une évolution plus ou moins lente, — cela est vrai aussi de ce qu'on peut appeler (^ l't^me embryonnaire de l'enfant ». En elle sommeillent des puissances qui ne s'actualiseront que plus tard. Un enfant, avons-nous dit, naît avec une capacité donnée et une forme déterminée de mémoire, d'attention, d'énergie, de volonté; — mais comment, je ne dis pas prévoir ce que sera cet enfant dans l'avenir à ces différents égards, comment constater qu'il est plus ou moins heureusement doué, avant qu'il ait atteint un certain développement ?
11 faut même attendre que le développement soit achevé
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pour en connaître la limite extrême, si variable suivant les races et les individus.
C'est donc Tadulte que nous étudierons. Faire le départ rigoureux de ce qui, dans un être donné, est vraiment primitif et de ce qui est le résultat des influences multiples qu'il a subies, serait une tâche dont l'inextricable complexité suffirait à nous arrêter. Heureusement elle n'est pas nécessaire à notre sujet. Que tel ou tel mode de sensibilité, d'intelligence, d'activité, soit chez l'un absolument original, chez l'autre le résultat d'une évolution plus ou moins dérivée, déterminée plus ou moins complètement par des causes extérieures, cela importe assez peu, après tout. Ce qui nous intéresse principalement c'est de savoir que ces divers modes sont réels, qu'en fait ils se rencontrent, qu'on en peut esquisser une classification. C'est, d'autre part, qu'ils se combinent suivant certains rapports d'une généralité et d'une fixité suffisantes, qu'ils forment des systèmes définis, qu'ils réagissent les uns sur les autres d'une façon constante et définie.
Le premier de ces problèmes doit être résolu avant l'autre et c'est lui que nous abordons maintenant. Laissant de côté, dans la plus large mesure, toute considération de race, de sexe et d'âge, laissant surtout de côté l'étude des transformations que fait subir à la nature psychologique innée la réaction propre de la volonté, nous considérerons l'homme adulte, au moment où toutes ses qualités natives ne sont suffisamment affirmées et fixées ; c'est-à-dire vers vingt ou vingt-cinq ans. Nous nous demanderons quels sont les aspects caractéristiques que revêt chez les différents hommes chacune des grandes fonctions de la vie psychique, nous rechercherons, pour la sensibilité, l'intelligence, l'activité, la volonté môme, s'il n'y a pas lieu de distinguer quelques types généraux dont chaque individu nous offre un exemplaire déterminé. Et c'est là ce que nous entendons par détermination des Éléments du cai^actère.
Malapert. ^