‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 26 sur 92 · Gh. Féré. La Pathologie des Émotions. Paris, Félix Alcan · texte numérisé non relu

Gh. Féré. La Pathologie des Émotions. Paris, Félix Alcan

tivité se présente donc, en dernière analyse, sous deux aspects essentiels : dans un cas, il y a affaissement généralisé, abattement, mélancolie, tristesse, résignation, avec je ne sais quoi de frissonnant et d'effaré, une certaine douceur affligée ; dans Tautre, Thyperesthésie morale s'accompagne d'anxiété et d'irritabilité, d une susceptibilité plus agressive, avec impulsions violentes et désordonnées, accès brusques de colère et d'emportement, instabilité plus remarquable. Et si nous voulions désigner les individus chez qui domine l'une ou l'autre de ces deux formes, nous appellerions volontiers les premiers des émotifs sentimentaux^ les seconds des émotifs irritables,

VI. — La sensibilité, avons-nous dit, n'est pas seulement affectivité ; elle est aussi tendance, inclination, désir, ou d'un mot amour. « Pour désirer, écrit M. Ravaisson, il faut que sans le savoir on se complaise et se repose par avance dans l'objet de son désir ; qu'on mette en lui en quelque manière son bien propre et sa félicité ; qu'on se pressente en lui, qu'on s'y sente, au fond,, déjà uni, et qu'on aspire à s'y réunir encore, c'est-à-dire que le désir enveloppe tous les degrés de l'amour \ »

Cette capacité de désirer et d'aimer est inégalement répartie entre les hommes, et cela aussi est primitif et donné ; cela se révèle dès l'enfance et est affaire de tempérament et d'hérédité. Il est des enfants qui semblent ne rien souhaiter avec ardeur, ne tenir à rien avec impétuosité ; tel objet leur ferait plaisir sans doute mais ils s'en passent aisément et se le laissent ôter de même. On cherche en vain ce qui pourrait leur causer un de ces grands bonheurs enfantins qu'on se rappelle avec émotion bien des années après : le désir chez eux est trop mou, trop languissant, trop froid,

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