‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 29 sur 92 · LES ÉL^.MENTS DU CARAGTKRE · texte numérisé non relu

LES ÉL^.MENTS DU CARAGTKRE

idées était toujours déterminé par des états affectifs, que l^agent de la liaison associative était toujours une tendance ou émotion. Mais sans compter qu'on est alors conduit à étendre outre mesure le sens de ces mots, on considère surtout le mode d'apparition et de liaison des éléments associés, c'est-à-dire la rapidité ou la lenteur, la cohérence ou l'incohérence des associations. Cette thèse nous paratt exagérée ; mais ce n'est pas le lieu de l'examiner*. Tout autre, en effet, est le point de vue auquel nous nous plaçons ici. Nous voulons dire que, suivant les personnes, l'association est dirigée tantôt par des rapports intellectuels, tantôt par des relations d'ordre représentatif, tantôt enfin par des relations d'ordre affectif. « Quand une émotion, écrit Bain, possède l'esprit puissamment, rien de ce qui est en désaccord avec elle n'y trouve place, tandis que le lien le plus faible suffit à rappeler les circonstances qui sont en harmonie avec l'état dominant. Par suite, dans les esprits très portés à l'émotion, les liens d'association plus purement intellectuels se combinent et se modifient perpétuellement sous l'influence du sentiment. Le courant entier des pensées et des souvenirs reçoit une empreinte qu'il doit à l'émotion ^. » Ainsi, sous la trame même de l'association des idées, se retrouvent non seulement les aptitudes mentales, mais la marque du caractère et du tempérament même de chacun. « H n'existe pas seulement, écrit M. Ribot dans le chapitre cité, un type affectif général ; ce type comporte des variétés et même il est probable que les types partiels sont les plus fréquents... Il est certain qu'ils existent : que pour l'un la reviviscence nette et fréquente n'a lieu que pour les représentations joyeuses, chez un autre pour les images tristes

1. Cf. Shadworth Hogdson. Time and Space, p. 266 sqq.. —- J. Sully. The iluman Mind, t. U. p. 76 sqq. — W. James. Psychology. t. I. p. 571 sqq.

— Hôlfding. Esquisse d'une psychologie, trad. fr.. p. 212 sqq; p. 318 sqq.

— Ribot. Psychologie des Sentiments, Impartie, ch. xii. etc. Paris, F. Alcan.

2. Bain. Les Sens et Inintelligence, trad. fr., p. 514. Paris, Félix Alcan.

OU erotiques... Je n'ai pas besoin de faire remarquer que ces différences individuelles dans la reviviscence des états affectifs jouent un rôle dans la constitution des diverses formes de caractères. »

Nous avons pris cette expression de « type affectif » dans un sens bien plus étendu que celui que lui donne M. Ribot, et pour nous il désigne non seulement une aptitude de la mémoire, mais un système de dispositions mentales (imagination, association, attention et même jugement) étroitement liées entre elles. Aussi les observations précédentes nous semblent-elles y convenir plus expressément encore. Et on en pourrait faire de tout analogues à propos des divers autres types que nous avons essayé de démêler. Si le caractère, en effet, est bien la résultante de toutes les fonctions psychiques dans un individu donné, il est important de noter s'il appartient à Tun de ces quatre types : instinctifs sensoriel^ affectif ou intellectuel.

Toutefois, ce ne seraient là que des indications bien superficielles et insuffisantes encore; car il faut par-dessus tout tenir compte de la façon particulière dont sont organisés et élaborés ces éléments mentaux. Et cette nouvelle étude — où les résultats précédemment obtenus trouveront place d'ailleurs — est surtout capable de nous révéler les principales formes d'intelligence qu'il importe à notre sujet spécial de distinguer et de classer.

II. — M. Ch. Richet avait émis, il y a déjà longtemps, cette idée féconde que, à côté de l'automatisme somatique, il existe un véritable automatisme intellectuel. « Dans le somnambulisme, écrivait-il, Tintelligence n'est pas annihilée, elle est devenue automatique. Ce rouage merveilleux fonctionne encore ; mais ce n'est plus qu'un pur mécanisme, et aucune spontanéité ne vient modifier le cours fatal de ses mouvements*. »

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