‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 34 sur 92 · Beaunis. op. cil., p · texte numérisé non relu

Beaunis. op. cil., p

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centres moteurs peuvent être considérés comme doués d*une activité spontanée plus ou moins puissante et disponible.

' D'autre pari, et c*est là un point qui semble assez solidement établi, les centres moteurs ne sont pas sous la dépendance exclusive des centres sensitifs, ni en ce qui concerne leur développement réciproque, ni en ce qui concerne leur fonctionnement. 11 paraît peu exact de soutenir qu'en thèse générale, la dépression de la motilité coïncide toujours avec une dépression concordante de la sensibilité. L'inactivité relative des uns coexiste, en fait, avec une excitabilité très vive des autres. Bien souvent on peut noter une indépendance réciproque et même une relation inverse, en vertu d'une sorte de loi de balancement psychologique, analogue à la loi de balancement des organes. « L'énergie totale de l'organisme, écrit très bien M. Fouillée, est en quantité limitée. Si à un des pôles afflue un excédent considérable d'énergie, il y aura chance pour qu'il y ait insuffisance d'énergie à l'autre pôle. L'organisme a son budget : obligé à des crédits excessifs, le voilà dépourvu pour d'autres dépenses. » Aussi la page suivante d'A. Bain reste-t-elle une excellente description psychologique : « La sensibilité et l'activité ne s'élèvent ni ne s'abaissent parallèlement. Le tempérament le plus actif n'est pas toujours le plus sensible ; on voit souvent au contraire que c'est celui qui Test le moins. Chacun sait qu'il y a une espèce d'activité qui semble vivre d'elle-même, qui ne coûte aucun effort, qui cause du plaisir loin de fatiguer et que ne modifie pas sensiblement ni un stimulus, ni l'idée d'un but; c'est manifestement l'effet d'une force spontanée. C'est un signe du caractère tant chez les individus que chez les races. C'est le caractère de l'aventurier qui ne goûte aucun repos, du voyageur infatigable, de ces gens qui se mêlent de toutes les affaires, de ceux qui haïssent le repos et dédaignent les plaisirs

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tranquilles ; c'est Tactivîté débordante de Philippe de Macédoine ou de Guillaume le Conquérant. Les natures sensibles qui ne sont pas rares chez les hommes, mais qui sont très communes chez les femmes, ne sont pas très actives. Ce qui distingue l'activité provoquée par Tidée d'un but de l'autre genre d'activité, c'est qu'elle se proportionne au but et qu'elle cesse dès qu'il est atteint. On ne confondra jamais l'homme qui travaille pour faire fortune et qui se repose après avoir gagné de quoi vivre, avec l'homme qui passe sa vie à dépenser l'excès de sa force musculaire et nerveuse*. » La force ou la faiblesse de cette activité originelle, voilà ce qui semble bien plus important que la forme extérieure des mouvements. Le développement prépondérant de cette capacité d'action, l'aptitude particulièrement marquée à dépenser ainsi un riche fonds d'énergie suffît à caractériser des groupes d'individus. M. Fouillée en fait une des deux formes de tempéraments qu il distingue, et M. Ribot un des trois genres de caractères qu'il énumère. « Ce sont des machines solides, bien munies de force vive et encore plus d'énergie potentielle... // faut qu'ils agissent. » Par contre, il y a une catégorie bien tranchée : ce sont les individus chez qui l'activité est considérablement atténuée; mous, languissants, inertes, sans ressort pour l'action, ils y répugnent aussi naturellement que les autres y tendent. Et ce sont bien là des prédispositions natives, qu'il est facile de remarquer chez les enfants : les uns toujours en mouvement, toujours occupés, ayant, comme on dit, du vif-argent dans les veines, ne se plaisent qu'aux jeux bruyants, sont entreprenants, osés, hardis; les autres, volontiers immobiles, préfèrent les occupations calmes, celles qui exigent la moindre dépense d'effort, restent même longtemps inoccupés sans que le désir de faire quelque chose les stimule

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