Gh. Féré. La pathologie des émotions, p
2. Cf. en particulier, I, p. 163 et sqq, : « Nos plus grands coloristes, Uttérateurs ou peintres, sont des visionnaires surmenés et détraqués..., les artistes de la Renaissance sont des voyants v, etc., etc.
inallîables, dit-il, s'unissent en moi sans que j'en puisse concevoir la manière : un tempérament très ardent, des passions vives, impétueuses, et des idées lentes à naître S embarrassées et qui ne se présentent qu'après coup. On dirait que mon cœur et mon esprit n'appartiennent pas au même individu. Le sentiment, plus prompt que l'éclair, vient remplir mon âme ; mais au lieu de m'éclairer, il me brûle et m'éblouit. Je sens tout et je ne vois rien. Je suis emporté, mais stupide; il faut que je sois de sang-froid pour penser... Cette lenteur de penser jointe à cette vivacité de sentir, je ne Tai pas seulement dans la conversation, je l'ai même seul et quand je travaille. Mes idées s'arrangent dans ma tête avec la plus incroyable difficulté : elles y circulent sourdement, elles y ferment ent jusqu'à m'émouvoîr, m'échauffer, me donner des palpitations ; et, au milieu de toute cette émotion, je ne vois rien nettement, je ne saurais écrire un seul mot ; il faut que j'attende ^ »
Maintenant, au risque de paraître vouloir abuser des subdivisions, il est nécessaire d'établir ici une distinction. Il y a, a-t-on dit, deux grandes catégories d'émotions, — les sthéniques et les asthéniques, — ou mieux, il y a une sorte d'émotivité qui se manifeste surtout par l'excitation, une autre par la dépression. Leurs effets particuliers sur l'intelligence méritent d'être étudiés à part ; ils présentent, en effet, à côté d'analogies profondes, des différences qui ne sauraient être négligées.
Dans le premier cas, ce qui est remarquable, c'est une suractivité diffuse et généralisée de la mémoire et de l'imagination, avec diminution notable du temps d'association ; mais les associations deviennent alors irrégulières et capri-
1. Entendez des idées claires, car il y a au contraire, comme le montre le reste du passage, un bouillonnement très rapide d'impressions confuses .