‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 66 sur 92 · A. Dumas. L'Ami des femmes, acte II, scène I · texte numérisé non relu

A. Dumas. L'Ami des femmes, acte II, scène I

celles qui sont fondées sur une classification des tempéraments, nous ne pouvons nous dispenser de rappeler el d'apprécier brièvement les plus intéressantes et les plus récentes.

Nous ne nous arrêterons pas à celles de Fourier \ du D'' Bourdet^ ou du D"^ Azam^. Ou bien elles manquent de principe directeur, ou bien celui dont elles partent est véritablement trop extérieur, trop facile et, pour ainsi dire, un peu enfantin. Ce sont en somme des nomenclatures de traits de caractères, les uns simples, les autres plus ou moins composés et dérivés.

Arrivons de suite aux travaux les plus récents sur ce sujet, je veux dire ceux de MM. B. Pérez, Ribot, Paulhan et Fouillée.

M. Bernard Pérez prend pour point de. départ de sa classique la considération des mouvements. Il donne de son principe et de sa classification une idée très nette dans ce bref résumé : « Une étude minutieuse, avec un classement rigoureux des diverses formes ou combinaisons de mouvements, représenterait un schéma exact de toutes les modifications possibles de la personnalité humaine. Je n'ai pas la prétention d'en tracer une simple esquisse. — Il me suffira de trouver dans Tordre des manifestations motrices quelques modes généraux représentant un certain nombre

1. Gh. Fourior. Théorie des quatre mouvements. — Il y a 12 passions; de la prédominance d'uno ou de plusieurs d'entre elles résultent 810 caractères, qui se classent par gamme do titres i caractères monotUres (une dominante quelconque), bi-titres, tri- titres, etc.

2. Df Bourdet. Des maladies du Caractère, 1858 : — 36 caractères provenant de la présence, de l'exagération ou de l'absence de 12 qualités principales (courage, libéralité, magnanimité...) ; le D' Bourdet n'indique d'ailleurs que quelques-unes do ces 12 qualités, et ne classe ni n'énumère les 36 caractères théoriquement déterminés.

3. D' Àzam. Le caractère dans la santé et dans la maladie, 1887. — Trois grandes catégories : les bons caractères, les mauvais caractères, les caractères qui sont bons où mauvais selon les circonstances ; — en tout plus de 100 caractères. « Cette division, observe l'auteur, n'est point une classification et ne saurait l'être, elle est absolument arbitraire et n'a d'autre but que de faciliter l'étude » (p. 58).

de modes caractériels. Ainsi, négligeant toules les autres qualités ou formes générales des mouvements, je me suis arrêté à ces trois : la vifrsse^ la lenteur^ Vénergie interne ou YardeHTj qui, en y ajoutant leurs combinaisons deux à deux, m'ont paru offrir les éléments d'une classification très simple el très facile à vérifier.

« La rapidité des mouvements nous semble entraîner un premier type de caractère, celui des vifs ; la qualité coatraire celui des lents ; l'énergie très accusée, celui des ardents ; la même énergie, combinée avec la vivacité mais celle-ci prédominant, nous offre le type intermédiai :te des cifs-ardents ; combinée avec la lenteur, celui des /ew^^sardents. Nous distinguons en outre la classe des pondér' -^s ou des équilibrés^ tempéraments de juste milieu ou d'h^- "tireuse harmonie, oîi ni la vivacité, ni Tardeur, ni la lente — vr n'ont une suprématie évidente ^ »

Cette classification, à coup sûr, est claire, intéressante et même vraie en un sens ; elle est surtout très heureuseme^^ût illustrée par des « portraits » dont presque tous sont in g — g énieusement et finement tracés. Mais le principe n'est jj^etd^s sans soulever quelques difficultés. Je ne dirai pas qu'il c— *^st entièrement arbitraire et que la classification par là mênr^*^® est purement artificielle. Toutefois la motilité, si elle t— ^^st bien un caractère apparent, reste en somme un caractè^^'*® extérieur et comme épisodique ; elle est une expressif ^^ dérivée de la nature psychique beaucoup plus que son fon^*^^» et ce peut même être dans bien des cas une expressi»-' ^° équivoque, nous l'avons observé plus haut. L'énergie (^^^s mouvements est un signe, une manifestation objective po- ^^ ainsi dire de la violence des désirs ou de l'impulsivité S^ ^^ tendances; elle pourrait être aussi le signe d'une certaîx^^ exubérance de l'activité spontanée, ou encore l'expressic^J?

Page 1