‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 81 sur 92 · B. Constant. Adolphe · texte numérisé non relu

B. Constant. Adolphe

2. Voy. en particulier, Maridn. La Solidarité morale, I" partie, ch. ni.

l'évolution du CARACTÈRK 249

régil à la rigueur les phénomènes moraux. Mais, si quelque chose dans le vouloir se crée (nous ignorons comment), il est certain que rien ne se perd. Tout ce qui a été une fois inséré dans le tissu de notre vie morale tend à y persister, à y faire sentir indéfiniment ses effets ^ » Mais l'habitude n'est pas seulement un pouvoir conservateur, elle est aussi et surtout un pouvoir multiplicateur et transformateur. Elle permet aux effets partiels de s'ajouter les uns aux autres, de se renforcer mutuellement : par là même elle amplifie. Et quand elle nous a engagés dans une voie, non seulement elle nous y maintient, mais elle nous y entraîne avec une rapidité croissante. Du même coup elle devient une force modificatrice ; elle nous impose en quelque sorte la nécessité d'évoluer dans une certaine direction. La prépondérance qu'elle confère aux inclinations fréquemment satisfaites devient de plus en plus marquée, en même temps que s'atrophient celles qui n'ont pas été exercées. Ainsi se trouve altéré le plan d'organisation de tout le système psychique. Reste la loi de balancement, qui unit ses effets à ceux des deux grandes lois précédentes; mais tandis que celles-ci tendent à produire et à maintenir l'équilibre, celle-là tend au contraire à le rompre. La loi de balancement des organes porte en effet que toute hypertrophie d'un système organique s'accompagne d'une atrophie correspondante de certains autres systèmes. Ce qui est vrai des organes Test aussi des fonctions. Ce qui est vrai du corps l'est aussi de Tesprit. Toutefois il faut bien entendre cette loi. H. Spencer remarque que, dans les êtres vivants, l'activité fonctionnelle plus grande d'un système suppose en général, et à son tour tend à produire, une coordination supérieure des fonctions, de même que son activité moindre et plus lente provoque une moindre régularité, une moindre harmonie^ des diverses

Page 1