‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 88 sur 92 · Renouvier. Psychologie rationnelle, t. II, p · texte numérisé non relu

Renouvier. Psychologie rationnelle, t. II, p

nitz^ L'unité dans Tesprit, c'est la logique, Taccordde Fesprit avec lui-même ; Tunité dans la conduite, c'est l'accord du vouloir avec lui-même, c'est, disaient les stoïciens, la vertu. Cette unité-là, elle est non pas extérieure et subie, mais intérieure et créée. Ce n'est pas celle qui résulte de la prédominance d'un instinct ou d'une passion ; c'est celle qui vient de la constance avec laquelle on accepte d'invariables principes. Les caractères les plus solides, les caractères sur lesquels on peut compter, ce sont ceux qui se sont faits euxmêmes à coups de volonté. C'est là ce que j'appelle Liberté. Celle-ci n'est donc pas imprévisibilité, bien au contraire. L'imprévisibilité c'est l'esclavage. L'individu suggestible est esclave, et qui peut prédire sa conduite? L'homme passionné est esclave aussi, et qui peut prévoir oîi l'entraînera sa passion? L'homme maître de soi sait oii il va et cette cohérence, cette conséquence (6[jLo).oyla), c'est précisément l'expression de son indépendance à l'égard des choses et des hommes, à l'égard de tout ce qui ne dépend pas de lui. Il n'est pas revêtu d'une personnalité d'emprunt, variable au gré des événements. Sa personnalité n'est pas non plus l'individualité égoïste et basse, la tyrannie de l'instinct, c'est la volonté de l'universel. Le caractère le plus élevé c'est aussi le plus large, le caractère le plus un, c'est, nous Talions dire, le plus général et le plus généreux.

4. « Tout ce qui n'est pas un être, n'est pas non plus vraiment un être. » — « En s et unum convertuntur ».

Mon caraclère est un système défini de tendances diverses dont chacune a sa vivacité, sa direction, sa nature propres, et qui sont reliées entre elles par certains rapports de coordination et de subordination. Ces tendances et aussi leur importance relative, le mode particulier de leur combinaison, tout cela vient en partie de mon tempérament physique et moral inné, en partie des transformations que lui ont fait subir le milieu, les circonstances, le cours même de la vie et enfin la réaction propre de la volonté et de la raison. Les modifications ultérieures sont elles-mêmes, nous Tavons vu, conditionnées par le naturel primitif. Nous ne sommes donc pas tous également aptes aux mêmes choses. « L'homme, a-t-on dit, n'est que ce qu'il devient, vérité profonde, mais il ne devient que ce qu'il est, vérité encore plus profonde \ »

Si les hommes connaissaient mieux leur caractère, ils apprendraient à éviter non seulement bien des malheurs, mais bien des fautes. Ils sauraient mieux ce qu'ils peuvent et aussi ce qu'ils doivent. Car le devoir n'est pas partout identique à lui-même. Je veux bien croire qu'en un certain sens il existe un devoir absolu et immuable, un commun idéal du bien. Encore faut-il avouer qu'en fait le devoir se diversifie de mille manières différentes, que cet idéal se

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