CHAPITRE II
Notre caractère se fait ; mais pouvons-nous le faire nousmêmes? Voilà la grande question qu’il est impossible d’éluder.
Nous naissons avec une nature psychologique définie, tout au moins en puissance ; ce quelque chose de primitif, résultat du tempérament, de l’hérédité, de l’entrecroisement d’une infinité de causes inconnues et mystérieuses, dont l’effet seul est visible et dont l’action est contraignante, c’est notre caractère inné. Ce caractère inné subit à son tour mille influences diverses et se transforme incessamment ; nous avons ainsi un caractère acquis. Cette transformation est-elle fatale? Peut-elle être assimilée au développement d’une formule, et l’homme, selon un mot célèbre, est-il « un théorème qui marche ? w Se fait-elle comme la croissance d’un végétal ? Est-elle la résultante nécessaire de causes nécessaires aussi ? Contre les fatalistes de toutes les écoles, nous estimons que cette évolution dépend ou peut dépendre de la réaction propre de l’individu, est ou peut être son œuvre, une création personnelle de sa volonté. Outre le caractère inné, et le caractère acquis, il peut y avoir un caractère voulu.