V. L. Arreat, La Psychologie du peintre
LES MODES DE LA SENSIBILITÉ
Inférieures organiques, sensuelles, d’activité.
Supérieures ou Ego- Altruistes izn: Orgueil, ambition, amour du pouvoir.
Individuelles =: Amitié et Amour.
Tendances.
Altruistes.. ) Familiales.
f Sociales ou Patriotiques.
f Esthétiques.
Idéales. . ! Scientifiques.
I ^ Religieuses.
VIII. — Au cours des analyses précédentes, nous avons vu se dégager un certain nombre de traits différentiels permettant de caractériser la sensibilité telle qu’elle se manifeste chez les hommes, et nous avons vu aussi comment un certain nombre de ces traits allant généralement ensemble contribuaient à constituer un certain nombre de physionomies assez tranchées. Il est temps de résumer toutes ces descriptions, de classer les principaux types ainsi obtenus, et d’indiquer leurs variétés essentielles s’il y a lien. Remarquons d’ailleurs une fois pour toutes qu’il ne s’agit que des formes les plus accusées, des cas les plus nets, et que la nature, qui se prête peu à des divisions rigoureuses, qui se plie malaisément à des cadres fixes, établit entre les êtres des transitions insensibles et une sorte d’indiscernable continuité. Néanmoins nous croyons pouvoir distinguer quatre genres principaux, qui seraient les suivants.
A. Les Apathiques; — gens à sensibilité médiocre, incapables d’impressions vives, fortes ; froids, calmes, indifférents, sans ardeur ; égoïstes naïfs et natifs, moins par calcul que par insensibilité même ; point précisément méchants, mais ni tendres, ni vraiment bons. — Cette classe comporterait les deux groupes suivants :
1® Les apathiques complets ou vrais apathiques, où tous les caractères précédents seraient plus fortement accusés ;
2° Les semi-apathiques; a) ceux que nous avons appelés les apathiques par pauvreté de points sensibles, b) et ceux que nous avons appelés les apathiques par lenteur ;
B. Les Sensitifs; — de sensibilité vive, généralement mobile, passagère et par conséquent assez superficielle, tournés vers le plaisir, de bonne humeur, enjoués, expansifs, bons vivants, généralement bienveillants précisément parce qu’ils sont naturellement optimistes.
G. Les Emotifs; — sensibilité profonde, où les états affectifs, par leur persistance, leur retentissement prolongé, font vibrer l’être tout entier, troublent l’âme jusque dans ses plus intimes replis ; prédisposés aux émotions déprimantes, à la tristesse.
Ici encore deux variétés principales :
V Les émotifs-sentimentaux : sensibilité plus délicate, plus repliée sur elle-même; mélancoliques et tendres, ayant besoin d’aimer et d’être aimés et par peur des froissements n’osant donner libre essor à leurs sentiments ; timides ; affectueux, altruistes, mais d’une sympathie plutôt passive et douloureuse ;
2° Les émotifs-irritables, plus agités, plus incohérents, passant brusquement d’une émotion à une autre, plus inquiets, plus anxieux, capables de sympathies et d’antipathies aussi vives et exclusives que changeantes ; enthousiasmes et emballements multiples et passagers, surexcitation et abattement ; irritables, contredisants, volontiers aggressifs et même malveillants, portés h la colère, aux paroxysmes courts d’emportement et même de violence.
D. Les Passionnés; — sensibilité très vive encore, mais
LES MODES DE LA SENSIBILITÉ
caractérisée par l’ardeur, la fougue, la puissance du désir, l’impétuosité des amours et des haines.
Ils se subdiviseraient, comme nous l’avons vu, en :
1° passionnés-instables, — tumultueux, troublés, à passions ardentes mais multiples, avec des impulsions déréglées, avec un bouillonnement perpétuel et des poussées en tous sens, également capables, suivant les circonstances et l’émotion du moment, des grands crimes et des héroïques dévouements ;
2° Et passionnés-unifiés, qu’on pourrait peut-être nommer les grands passionnés, ceux qui nont pas des passions, mais sont une passion vivante et toujours inassouvie. C’est là surtout qu’il conviendrait, en tenant compte de la direction des passions, de distinguer des égoïstes, des altruistes, des intellectuels ou mystiques.
Malapert.