‹ Les éléments du diagnostic clinique de l'hypertrophie du thymusChapitre 20 sur 62 · POSE · texte numérisé non relu

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s’observer isolément, bien que le plus souvent ils accompagnent la dyspnée, avec tirage et cornage.

Il est bon cependant de connaître la possibilité de cette

forme pour ne pas la confondre, au cas où les autres symptômes d’hypertrophie thymique feraient défaut ou deman-

Geraient à être découverts, avee une cyanose paroxysti-

. Le L que ou une cyanose par malformation congénitale du cœur.

7. Formes d’hypertrophie thymique associée à d'autres affections

&) FORMES ASSOCIÉES AU STRIDOR CONGÉNITAL. — Nous ne reproduisons ce titre que pour le critiquer. La lecture des observations nous à conduit à penser, en effet, après MM. Variot, Marfan, Veau et quelques auteurs, que des faits très divers étaient réunis sous cette rubrique unique de « Stridor congénital. » sa |

Nous croyons que le terme de cornage, ou ‘de stridor congénital ne désigne qu'un syndrome commun à plusieurs affections ou malformations des voies respiratoires. On peut l’observer au cours de la laryngite striduleuse, du spasme de la glotte, dans l’adénopathie trachéo-bronchique, aussi bien que comme symptôme de lPhypertrophie du thymus. De plus, les deux termes qui désignent cependant des bruits différents ont été peu à peu confondus dans les descriptions (1).

Pour la clarté de notre travail, et tout en regrettant

() M, Manrax emploie lui-même indifféremment l'un et l'autre

dans la même observation. V. Assoc. franç. de Pédiatrie, p. 46 el 53. 3

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. de céder à l’usage, nous emploierons indifféremment le mot de stridor ou de cornage ; mais nous entendrons seu-

lement exprimer par là wn bruit laryngé ou trachéal pro-

duit par la sténose du conduit aérien, quelle qu’en soit

l’origine. Nous réserverons, au contraire, le nom de &éridor vestibulaire laryngé (Variot) pour désigner cette entité morbide qui résulte de une malformation spéciale de

Î ’épiglotte.

I] résulte de ces aies qu'il n’y a pas à décrire

« une forme avec association de stridor », puisque le stri- dor comme nous l’entendons n’est qu’un des symptômes

possibles de l’hypertrophie thymique.

Quant à l'association de l’hypertrophie thymique et du coinage vestibulaire, elle est possible, mais probable-

ment très rare. Nous n’en avons trouvé qu’un seul cas, celui de Koplik, signalé par M. Marfan (1).

b) FORMES ASSOCIÉES A LA LARYNGITE STRIDULEUSE, — Lia

__ laryngite striduleuse se manifeste, on le sait, par des ac-

cès brusques de suffocation, survenant surtout la nuit, | chez des sujets en bonne santé. Ces accès, relativement

courts, s’accompagnent d’une modification spéciale de la

tcux, qui est rauque, sonore et aboyante.

Dans l’hypertrophie du thymus, nous l’avons vu, l’inté-

grité de la voix est, ‘dans les observations publiées, une règle presque absolue. Et sous peine de revenir à l’an-

cienne conception de l’asthme thymique de Kopp, on ne peut qu’essayer de différencier davantage l'une et l’autre

des deux affections.

Aussi, ie Barbier, Me ‘en pres repoussent-

(1) Marpan. Associal. franc. de Pédiatrie, p. 7L.

ils tout lien entre elles. Et quand on observe en même.

temps les symptômes du faux croup et d’hypertrophie thynique, on doit conclure à la coexistence et non à la confu- Sion des deux syndromes.

Cependant, dans un cas de M. d’(Elsnitz (1), sur lequel il faut insister pour qu’on ne se méprenne pas sur la pen-

sée de son auteur, il semblerait que l’hypertrophie thymi-

que puisse être incriminée comme cause d’une laryngite striduleuse d’une durée et d’une intensité inhabituelles.

« Un enfant de trois ans présente par intermittences des crises

de faux-croup ; quelquefois, ces crises sont légères et ne donnent

aucune inquiétude réelle ; d’autres fois, ces crises évoluent avec une intensité «iarmante : le tirage est très violent, accompagné d'un certain degré.de #yanose, à tel point que l'enfant est amené au pavillon de la diphtérie. On constate que la gorge est normale, que la température n'est point élevée ; 1l n’y a pas de ganelions sous-maxillaires. Ja voix est claire, la toux est rauque, aboyante. Ces manifestations inquiétantes durent quelques heures, quelquefois se prolongent une nuit entière, atténuées mais non disparues le jour suivant. Pareïls accidents se sont répétés un certain nombre de fois, et généralement provoqués par un refroidissement. Chez cet enfant, qui a présenté tous les états intermédiaires entre des accès de laryngite striduleuse banale et des-erises intenses, prolongées, véritablement inquiétantes, nous avons trouvé l’ensemble des signes de l'hypertrophie du thymus, et ainsi qué nous le dirons plus loin, le traitement radiothéra- pique a semblé faire rétrocéder les accidents. » |

Nous le répétons, — car il importe de ne pas laisser de nouveau Ss’obsceureir cette question, 80 ans après qu’elle l’a 6té une première fois par Kopp, — M. d’Œlsnitz n’entend pas signifier par cette observation que le thymus hy-

(1) D'OErsxrrz. Communicat. Assoc. /ranç. de Pédiatrie, D: 249:

pertrophié est la cause où même la cause habituelle du faux eroup, mais que cette hypertrophie doit être soupconnée quand ce faux er oup se présente avec un caractère un peu anormal.

. c) FORME ASSOOIÉE AU SPASME DE LA GLOTTE, — Les considérations préliminaires que nous avons énoncées au pa- 1agraphe précédent doivent être reproduites ici.

Ce spasme de la glotte, dit essentiel, est causé par la contracture des museles glottiques. I fait partie souvent d’un syndrome spécial, convulsions, etc. (diathèse spasmogène de Marfan), qui traduit une excitabilité nerveuse et musculaire spéciale. C’est fréquemment l’une des manifestations de la tétanie et, dans ce cas, il dépend vr aisemblablement, comme les travaux récents tendent à le faire adinettre, d’une altération des glandes para-thyroïdes (Escherich).

Le laryngo-spasme doit done être distingué du syndrome thymique proprement dit. MM. Hutinel, Barbier, Marfan, d’Œlsnitz, ete, pour ne citer que les auteurs récents,

tombent d'accord sur ce point. | Mais rien n'empêche que le laryngo-spasme coeriste avec un gros thymus.

Et de plus, il est. possible que de cette association ré-

sulte un syndrome complexe, dans lequel la stase veineuse due au spasme de la glotte provoque le gonflement du thymus et aggerave et dénature le trouble respiratoire (1) (Marfan). |

L’observation d’un enfant étudié par M. Hutinel (2) et opéré par M: Veau semble justifier cette manière de voir.

(1) Mamran. Assoc. franç. de Pédiatrie. Discussion C. R. p. 259. (2) Eure. re — p.232.

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« Chez cet enfant, dit M. Hutinel, à chaque crise de spasme, le malade se cyanosait et paraissait sur le point. de succomber à l’asphyxie, Le thymus était gros et sa congestion, au moment à de l'accès, me paraît être une circonstance aggravante. À M. Veau, + à ma demande, enleva la plus grande ipartie du thymus. Les 1 crises disparurent pendant un mois, puis reparurent, mais plus 1

rares et surtout moins menacantes. Actuellement, elles se reproduisent encore penidant les colères où quand l'enfant fait une chute, mais elles ne présentent aucune gravité La guérison pe rait certaine.

» Si l’hypertrophie du thymus n’est pas capable, à EU seule, de provoquer le spasme de la glotte, le fait que je viens de citer semble prouver qu’elle peut aggraver singulièrement les accidents spasmodiques. |

» L’ablation du thymus laissa subsister le spasme ; mais elle

permit à l’enfant de traverser des crises qui paraissaient devoir être fatalement mortelles. » :

I est possible enfin, comme le fait remarquer M. Weill, que l’hypertrophie du thymus et la congestion veineuse qui l’accompagne puissent, chez les enfants à réaction nerveuse excessive, servir d’amorce au laryngo-spasme.

[l'est imutile d’insister davantage sur ces associations imorbides. L’hypertrophie du thymus peut coexister égale ment, on le conçoit, avec. une diphtérie (Kruse et Cahen, Marfan) (1), avec un-goître (Schwinn), avec des végétations adénoïdes, avec une adénopathie trachéo-bronchique, avec des phénomènes de bronchite ou de broncho-pnewmonie.

Maintenant que l’attention est attirée sur ces associations possibles, il est à prévoir que cette liste s’allongera.

(1) Marran. Trachéo-sténose thymique chez un grand enfant au cours de la diphtérie. Journal de Médecine interne, 10 avr. 1910.

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