OBSERVATION IX
(Observation inédite communiquée par M. Pironnsau, interne à l'hospice des Enfants Assistés)
Maladie de Little. Poussées congestives pulmonaires à répétition ; cornage bronchilique surtoul expiratoire : crises de dyspnée violente avec un minimum de signes pulmonaires. Sur le radiographie, ombre rétro et para-sternale simulant l'ombre (hymique. Mort par Syncope. Aulopsie : adénopatlhie médiastine.
Rab.… Victor, 23 mois, admis le 11 Janvier 1910, à l’hospice des Enfants Assistés, service du docteur Variot. Maladie de Little, sur les signes de laquelle nous ne voulons pas insister il. L'enfant, au dire de la mère, est sujet à des poussées fréquentes de congestion pulmonaire avec ascensions thermiques irrégulières durant une semaine environ. II présente en même temps des troubles digestifs variés, selles vertes, selles diarrhéi-
ques. Dans le cours de l’année, ces poussées se répètent à peu
près tous les mois.
Cet enfant est mis en observation. Nous remarquons que les signes physiques, légère submatité, souffle variable d’un jour à l’autre, sont en désaccord avec les phénomènes généraux que l'enfant présente. La dyspnée est peu accusée : les accès de toux n'ont pas de caractères particuliers.
Maïs. au cours d’une de ces poussées (juillet 1910), notre at-
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tention fut attirée par les modifications du rythme et du timbre respiratoires. £
Ces modifications consistaient en un cornage intense, s’entendant aux deux temps de la respiration, mais avec prédominance expiratotre très nette. L’hématose était entravée, comme le prouvait l’aspect cyanotique du visage. Un soir même, l’éventualité . d’un tubage se présenta, mais l’accalmie obtenue par des applications de compresses chaudes permit de l’éviter. 3
La température s’éleva à 40 degrés et demeura avec de fortes oscillations pendant la cerise.
Cette modification du timbre persista pendant une semaine ; la dyspnée diminua progressivement en même temps que la température revenait à la normale.
Bien que 1 ’auscultation fût négative, les caractères si spéciaux du cornage nous engagèrent à penser qu'il était sous la dépendance d’une adénopathie médiastinale. Notre maître, M. Variot. en effet, avait attiré antérieurement, à plusieurs reprises, notre attention sur ce symptôme observé assez souvent chez des enfants atteints d’adénopathie trachéo-bronchique, et qu'il a proposé d'appeler le cornage bronchitique expiratoire.
La radiographie (v. fig 12), confirma nos soupçons en montrant de chaque côté de la fourchette sternale, principalement développée à gauche, une zone opaque à contours arrondis de 6 à 7 centimèt. de large. Néanmoins, M. Veau, qui vit le malade et la radiographie. fit quelques réserves sur cette interprétation et demanda à revoir l’enfant en cas de crise nouvelle ; il pensait que cette zone obscure pouvait être due à une ombre thymique. 5 |
Mais l’enfant ne fut pas rapris de crises nouvelles.
Au début de janvier 1911, il eut une symcope sans cause déterminée. Peu après, il reprit connaissance. Cette syncope ne fut précédée d’aucun trouble respiratoire. Mais, deux jours après, l’enfant succomba au cours d’une seconde syncope.
A l’autopsie, la dissection «du triangle rétro-sternal supérieur et la dissection des bronches poursuivie jusqu'au parenchyme pulmonaire, nous ont donné les renseignements suivants : le éhymus apparaît sous la forme d’une lame mince et allongée, sous
le bord interne du poumon gauche et descendant re au milieu de la surface péricardique.
On voit derrière la tête de la clavicule gauche, une masse ganglionnaire caséifiée du volume d’une bille, comprimant la face externe de la trachée. G
À droite, répondant à la face profonde du premier cartilage costal, un ganglion encore ferme et plus volumineux occupe l’angle du trone vemeux brachio-céphalique droit et de la branche oblique du même tronc gauche ; il est très adhérent à la paroi veineuse ; au-dessous de lui, un troisième ganglion est au contact de la veine cave supérieure.
Après l’ablation de ces trois ganglions volumineux, d’autres
apparaissent : un de trois centimètres de long sur deux centi-
mètres de large, comprime de dehors en dedans la branche ascendante du trone veineux brachio-céphalique gauche. Plus profondément, deux ganglions caséifiés adhèrent au phrénique gauche.
Ehfin, derrière le trone veineux droit, en dehors du trone
artériel, un ganglion caséifié du volume d’une noix comprime la face droite de la trachée.
Adénopathie légère dans l’angle de lbifurcation des bronches
un ganglion caséifié en plein sinus hilaire à la face postérieure
de la bronche intrapulmonaire ; un autre à droite, plus petit, déforme la bronche droite, lui donnant l’aspect d’un sablier.
Lésions tuberculeuses et lésions d’emphysème dans le tissu pulmonaire.