OBSERVATION XI
(D'OEcsnirz et Prat (de Nice). Bull. de la Soc. de Pédiätrie de Paris, oct. 1908
Hypertrophie du lhymus. Accidents dyspnéiques graves. Opération. Guérison.
Enfant G.. Jean, âgé de 13 mois. Les parents sont bien portants. Ils ont eu deux autres enfants morts rapidement en nourrice, à 5 mois et à 16 mois, sans qu'aucun dagnostie ait été fait
Cet enfant est né à terme, a été nourri au seim, puis au biberon, Dès sa naïssance, on à constaté qu'il ronflait d’une façon continue. Jusqu'à l’âge de sept mois, les troubles respiratoires
ne sont point intenses et l’état général n’est pas mauvais. Mais, depuis cette époque, le stridor augmente et l’enfant présente plusieurs fois des crises de suffocation. À quatre reprises, durant les derniers six mois, se sont produites des crises de suffocation menacantes. La dyspnée subsiste, permanente, même en dehors de ces accès paroxystiques. Dès le début des accidents respiratoires, l’état général a commencé, puis, plus tard. a continué à déeliner rapidement. Bientôt se sont manifestées des nodosités chondrocostales, des voussures épiphysaires et la fontanelle est restée anormalement large. La dernière crise de suffocation a eu lieu la veille du jour où l'enfant nous a été amené à, l’hôpital ; elle a été particulièrement grave. Nous voyons ce petit malade le 22 juillet ; il est très amaigri, présente des déformations osseuses caractéristiques, sa tête est volumineuse, la fontanelle est large et légèrement tendue. On est frappé au premier examen par l’existence d’un s#ridor inspiratoire continu, accompagné d’une dyspnée intense ; la face est cyanosée : les vaisseaux veineux du coùw sont distendus. Il existe du frage sus-sternal et péricostal. Nous auscultons le thorax et, en dehors de la propagation du stridor, ne constatons rien d’anormal. La temjpérature n’est point élevée. L'examen de la gorge est négatif ; le thinopharynx paraît libre. La respiration peut se faire par les fosses nasales et par la cavité buccale, et l’obturation momentanée des narines ne modifie pas le stridor. Nous explorons attentivement le plastron sterno-costal dans sa partie supérieure : en dehors de la déformation rachitique légère que présente le thorax dans son entier, nous constatons l'existence d’une voussure localisée el asymétrique du plastron sternocostal, comiprenant le manubrium et les cartilages costaux du côté droit. La percussion dans cette région permet de déceler l’existence d’une zone de submatilé large de trois travers de doigt, et débordant le sternum plus à droite qu'à gauche.
La palpation du cou et. des régions sus-claviculaires ne décèle
rien d’anormal. Dans la position de demi-extension de la tête,
nous pratiquons à plusieurs reprises la manœuvre suivante
L’index accrochant Le rebord supérieur du sternum, est enfoncé progressivement derrière cet os, déprimant la fossette sus-sternale.