‹ Les éléments du diagnostic clinique de l'hypertrophie du thymusChapitre 37 sur 62 · PS PE · texte numérisé non relu

PS PE

Cette manœuvre fait chaque fois disparaître le stridor ; la respiration devient silencieuse et plus facile ; le stridor reparaît immédiatement quand la pression digitale est sussendue. Nous avons à plusieurs reprises confirmé et fait constater le résultat de cette manœuvre de la pression sus-rétro-sternale.

L'histoire clinique, les caractères du stridor observés chez cet enfant, mais surtout les signes tirés de la percussion, de la palpation, et en particulier la manœuvre que nous venons de déerire, nous ont paru assez concluants pour porter le diagnostie d'hypertrophie du thymus, provoquant une compression tra-

chéale.

Nous proposons aux parents une intervention chirurgicale, qui est d’abord acceptée, puis refusée,

ls reprennent l’enfant, espérant une amélioration spontanée, qui ne se produit pas. En effet, les premiers jours d’août, l’enfamt est amené à nouveau à l‘hôpital, dans un état plus grave encore, puisqu'il présente du tirage, de la cyanose. des dilatations veineuses du cou et de la face, que sa température dépasse actuellement 38 degrés et qu’une crise de gastro-entérite s’est déclarée.

L'intervention est décidée et pratiquée le + août. L’anesthésie au chloroforme est bien supportée.

Incision de 6 centimètres à la partie médiane et inférieure du cou, empiétant de deux centimètres sur le sternum. Vers la partie droite de l’incision, nous voyons, pendant les efforts que fait l’enfant, sailir une petite masse rosée, régulière, mobile, qui fait hernie en massue de derrière le sternum. Nous pincons et attirons cette masse, qui, sans difficulté, se laisse amener par dégagement progressif, à la sonde cannelée. Nous en. extrayons ainsi du médiastin antérieur, un fragment de 5 à 6 centimètres de longueur. T1 a l’apparence d’un gros appendice, mais moins régulier de forme ; il présente à sa surface une membrane enveloppante. Livature à la base. Section. Suture de la plaie opératoire.

Dès l'opération, le petit malade n'a plus ni stridor, ni cyanose : mais il reste un peu dyspnéique. Un traitement général est institué (bains chauds, diète, injections de sérum marin, etc.). La diarrhée disparaît et 13 température revient à la normale au

bout de quelques jours. Au milien d'août, c’est-à-dire 10 jours environ après l'intervention, l’enfant va tout à fait bien ; # respire normalement.

Depuis cette époque, l'enfant nous à été ramené à plusieurs reprises, et nous avons pu constater la persistance d’un état respiratoire satisfaisant, et d'autre part, l’amélioration progressive de la santé générale de l’enfant, qui engraisse notablement et devient plus éveillé.

Au début du mois d'octobre. nous pouvons constater l’état suivant : absence de stridor, de dyspnée et de cyanose. La percussion du plastron sterno-costal décèle encore l’existence d’une zone de submatité anormale, mais notablement moins étendue qu'elle l’était lors de notre premier examen.

Nous avons fait faire une épreuve radiographique, avec l’idée d'appliquer un traitement radiothérapique local, au cas où nous constaterions l’existence d’une ombre thymique anormale sur l'épreuve radiographique. Cette prévision s’est trouvée confirmée, car le cliché montre une ombre thynrique débordant largement le sternum à droite.

é OBSERVATION XII

(Barbier. Arch. Med. Enfants. nov. 1909. p. 801)

Atrophique hérédo-syphilitique. Sligmales osseux. Tirage permanent avec

dépression lalérale du thorax. Mort subile. Autopsie Hypertrophie du thymus

Compression de la lrachée.

Jeanne M... âgée de 18 mois, entrée à Hérold le 21 février 1909, morte subitement le 4 mars. = :

Enfant cachectique, présentant des stigmates osseux à la fois de rachitisme et d'hérédo-syphilis ; de plus, au moment des mouvements respiratoires, une difformité sur laquelle nous allons revenir,

On note l’hépato-splénomégalie et des APRPERIES axillaires,

ervicales et inguinales.

Sein née à terme, ayant présenté des troubles den tinaux tenaces, et maigrissant dépuis 3 mois.

2 LME,

Ba mère a eu 15 grossesses. Sept enfants sont morts en basâge de convulsions.

L'enfant ne marche pas et ne parle pas.

Indépendamment d’une infection cutanée, peut-être d’origine syphilitique, l’enfant présente d'une facon permanente un #wage particulier. « Ce tirage n’est pas celui d’un enfant atteint de CYOUP, re ses viscères abdominaux. Maïs, à chaque inspiration, ceux-ci sont refoulés par la contraction du diaphragme, tandis que les côtes correspondant aux attaches diaphragmatiques

en avant, présentent à chaque inspiration une rétraction pro-

fonde, rétrécissant le diamètre transversal du thorax et ayant pour effet de projeter en avant le sternum et de renverser en dehors, au-dessous de la dépression, la eirconférence inférieure du thorax. On a sous les yeux, pour ainsi dire, un thorax en carène et un thorax en entonnoir intermittents. »

Ce tirage est exagéré dans les émotions et quand la respiration de l’enfant est accélérée.

Quelques jours après, alors que les lésions cutanées s'étaient améliorées, l’enfant meurt subitement.

A l’autopsie, on trouve un thymus très hypertrophié, masquant les gros vaisseaux et la base du cœur ; 1] mesure 8 centimètres de hauteur.

Au niveau du détroit supérieur du thorax, la trachée Prési un aplatissement dans le sens antéro-postérieur.

Page 1