‹ Les éléments du diagnostic clinique de l'hypertrophie du thymusChapitre 5 sur 62 · APERÇU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE

Les premières périodes de l’histoire pathologique de l'hypertrophie du thymus sont assez confuses (1). Déjà rencontrée au XVIII: siècle par quelques auteurs qui en faisaient la cause de certains asthmes infantiles, cette af- Le tection n’a été vraiment étudiée que depuis une quinzaine __ d’années. La plupart des observations antérieures en effet sont pauvres de détails et renferment plus d’hypothèses, de discussions et d’hésitations que de faits.

(1) Voir la revue historique de Sanné in Traité clinique et pratique des maladies de l'enfance, par Barthez et Rilliet, 3° édition par Barthez et Sanné, 1884.

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L'un des premiers parmi les anciens observateurs, Allan Burnes, en 1821, établit que la glande hypertrophiée pouvait comprimer la trachée et gêner la respiration. Puis, en 1830, Kopp (1) élargit, à tort d’ailleurs, le rôle pathologique du thymus. Il rassembla en un $eul groupe la plupart des affections dyspnéiques que l’on commençait à distinguer entre elles et créa artificiellement une entité que l’on mit plus de quinze ans à détruire : l’asthme thymique. 1,’asthme de Kopp comprit donc les accidents d’ordre respiratoire provoqués par le faux-croup, le stridor congénital, le spasme de la glotte, l’adénopathie trachéo-bronchique. ;

Le signal de la réaction fut donné en France par Hérard (1847) (2). Par l’examen de 60 observations, il arriva à des conelusions toutes différentes : 1° le thymus est un organe dont le volume et le poids sont excessivement variables chez les enfants en bonne santé ; 2° dans le soi-disant asthme thymique, aussi bien que dans toutes les maladies du premier âge, le thymus a dû être rencontré tantôt petit, tantôt volumineux, suivant que l’enfant était faible ou robuste ; mais il n’entre pour rien dans ces affections.

En Allemagne, Friedleben (3) (1858) soutint également, dans une monographie fort complète, que le thymus ne jouait aucun rôle en pathologie. |

L'opinion était désormais conquise, et malgré quelques observations concluant à la compression possible du thymus sur les organes qui l’entourent et en particulier sur

(1) KopP. Asthma thymicun in Denkwurdigkeiten in der erztli chen Praxis, 1830.

(2) Hérarp. Du spasme de la glotte. T'hèse de Paris, 1847.

(3) Friepze8en. Die physiologie der Thymus-druse in gesundheit und Krankheit. Frankfürt-am-Mein, 1858. Literar Austalt.

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la trachée (Virchow, Conheim), il fallut arriver au rapport médico-légal de Grawitz (1) (1888) pour que les discussions reprissent. Ce travail, relatant l’observation de deux en- ‘ants atteints de dyspnée rapidement mortelle, à l’autopsie desquels on ne trouva pour toute lésion que l’hypertrophie du thymus, conclut de nonveau à la compression de la trachée par la glande hypertrophiée.

Bientôt d’ailleurs, comme au temps de Kopp, l'étude ces faits fut stérilisée par l'intervention des théories. Paltauf (2) (1889) remarqua que dans un certain nombre «de morts rapides ou soudaines, sans dyspnée et sans cyanose préalables, on trouvait, en même temps que l’hypertrophie du thymus, l’hyperplasie de la rate, des ganglions iymphatiques, des amygdales, des plaques de Peyer, de la moelle des os. C'était là, d’après lui, un ensemble lésionnel de constatation fréquente, un « état Iymphatico-thymique » (status lymphaticus de Paltauf) déterminant une sorte de dyserasie particulière favorisant la mort subite. C’est parce que l’enfant est atteint de cette dyscrasie qu'il succombe et non parce que son thymus est hypertro-

phié.

Pour voulcir être trop compréhensive, cette hypothèse

ne saurait, elle aussi, résister à l’examen, L'état décrit par

Paltauf s’observe, en effet, en particulier chez les rachitiques, mais il est loin d’être constamment observé dans tous les cas de mort subite. Au contraire, à l’autopsie d’un certain nombre de sujets morts subitement, l’hyperplasie lymphatique manque et l’hypertrophie du thymus est la seule lésion qu’on puisse retrouver.

(1) Grawairz. Deutsch-med. woch., 1888.

(2) PALTAUF. Wien klin. woch., 1889, II, p. 877 et 1890, III, p. 172:

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