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Enfin, en 1896, nouvelle théorie : la théorie de l’hyperthymisation de Svehla (1). Pour cet auteur, le thymus, glande à sécrétion interne, amène, par l’exagération de. cette sécrétion, quand la glande est hyperplasiée, un véritable empoisonnement de l’organisme : c’est une sorte d'intoxication thymique qui est cause des accidents constatés et de la mort subite. Nous ne pouvons que signaler cette dernière théorie qui, au moins dans l’état actuel de la physiologie du thymus, doit être considérée comme pré- \ maturée, En somme, jusqu’à présent, quelques faits : des phénomènes ‘le compression mécanique des organes voisins ; — des théories, fausses par généralisation hâtive, ne considérant qu’un petit nombre de cas et voulant conclure pour tous les autres ; — une hypothèse intéressante, mais que rien encore ne justifie. z Nous allons voir que les auteurs contemporains cherchèrent à mettre dans leurs observations plus de rigueur.
La période moderne commence véritablement avec les premières interventions chirurgicales ayant porté sur la glande. Le jour où il fut prouvé que l’ablation du thymus ou sa fixation au dehors de l’étroite loge qu'il occupe : avaient fait disparaître les accidents qu’on avait supposé, avant l'intervention, dépendants de lPhypertrophie de la glande, — le jour où l’on vit, au cours de cette intervenlion, les accidents de compression cesser quand la glande
(1) Sveura. Ueber die Einwiskung der Thymussaftes auf den Blutkreislauf und über die sogenanvite Mors thymica der Kinder. Wien, med. Blütler, 1896, XIX, nov. et déc. et Ueber den Einflus des Thymus exlrakter auf den Blütkreislauf, id. & et 15 sept. 1906.
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était attirée au dehors, reparaître quand on la laissait reprendre sa position première, — ce jour-là, l’ère de la discussion sans cesse renouvelée sur le rôle pathologique de lhypertrophie thymique, encore mis en doute ou nié par quelques auteurs, fut terminée. :
C’est Rehn qui fit, en 1896, la première exothymopexie. Bientôt les interventions se multiplièrent en Allemagne, en Angleterre, en France. L’exothymopexie, la résection du manubrium sternal furent délaissées ensuite par la plupart des chiriurgiens qui pratiquèrent l’énucléation hors de sa capsule et l’ablation de la plus grande partie de la glande : la thymectomie partielle sous-capsulaire.
En même temps, vinrent les premières observations radioscopiques. Et, bien qu’il semble qu’un grand nombre de faits, concluant par la radioscopie à l’existence d’un gros thymus, ne soient pas à l’abri de tout reproche, on n’en vit pas moins, dans un certain nombre de cas, une cmbre thymique nette, dont la réalité fut prouvée à l’opération ou à l’autopsie.
Dès lors, les observations cliniques se précisèrent. L’adénopathie trachéo-bronchique des tout jeunes enfants, plus fréquente que ne le disent les classiques, fut bien étudiée
cliniquement (Variot, Guinon, d’Espine) et radioscopique- ment (Variot, Barret, Bougarel, etc.). La connaissance du cornage bronchitique expiratoire (Vaxiot), — du tabeau particulier déterminé par certaines malformations laryngées (cornage vestibulaire de Variot) : début à la naissance, cornage spécial, absence habituelle d'accidents dyspnéiques sérieux, — la possibilité de certaines interventions, trachéoscopie, bronchoscopie prouvant l’existence d’un corps étranger insoupconné, — enfin la ralios-
copie, plus largement et plus minutieusement pratiquée ; la recherche systématique des signes d’hypertrophie thynique, même quand les symptômes présentés par le malade n’attiraient pas directement l'attention sur elle, — tout cet ensemble de travaux et d’explorations méthodiques fit peu à peu sortir de Pimprécision le syndrome thymique.
Mais, comme toujours, en même temps que certains faits bien étudiés permettaient de mieux définir ce syndrome, ‘de le différencier des cas types d’adénopathie, de diphtérie l:ryngée où bronchique, de laryngite striduleuse, de malformations laryngées, de spasme de la glotte, une nouvelle cause de complication et d’obscurité intervint.
Adénopathie trachéo-bronchique, diphtérie, spasme de la glotte, laryngite striduleuse d’une part, — hypertrophie thymique de l’autre, peuvent coexister.
De là, plusieurs résultantes, D’abord les caractères propres à l’une et à l’autre affection sont moins facilement appréciés et le diagnostic positif de chacune d’elles est inoins net. Puis ces affections retentissent l’une sur l’autre, modifiant encore les symptômes qui les traduisent. Enfin, dernière conséquence qui devait fatalement venir à l’esprit des observateurs, on en arrive à se demander si les rapports existant entre l’hypertrophie thymique et. certaines des précédentes affections sont seulement des rapports de coexistence, et s’il n’y a pas entre elles des rapports de causalité. Il semble désormais probable, pour prendre l’exemple qui paraît le mieux démontré, que l’hypertrophie thymique peut être l’une des canses'de certains iaryngo-spasmes (1). 4
(1) 11 peut se faire encore que la réciproque soil vraie et que la congestion intense qui accompagne les accès violents du laryngospasme puisse êlre-rendue responsable des poussées congeslives
Présentée de cette façon, la précédente proposition ne semble pas contestable (Hutinel, Marfan, Veau, etc.). Il serait au contraire condamnable de la généraliser et d’admettre que l’hypertrophie du thymus est la cause du spasme de la glotte, Aïnsi étendue outre mesure, elle deviendrait aussi fausse que toutes les formules généralisatrices implicitement ou explicitement énoncées que nous avons énumérées : le thymus est cause de l’asthme infantile (Kopp) ; le thiymus n’a aucun rôle pathologique (Hérard, Friedleben) : l’hypertrophie thymique isolée n’a aucun rôle dans la mort subite (Paltauf) ; la mort subite est due à l’hypertrophie du thymus ; le « stridor congénital » est toujours un signe révélateur d’hypertrophie thymique, etc. etc. x
Grâce aux travaux et aux interventions de M. Veau, qui ont surtout contribué à remettre la question à l’étude dans notre pays, grâce aux récentes discussions de la #ociété de. Pédiatrie, aux rapports et aux communications qui ont été faites en 1910 à l'Association Française de Pé-
diatrie, grâce enfin aux lentes, mais précieuses acquisi-
tions récentes sur la physiologie (1) de la glande, l’étude du rôle de l’hypertrophie thymique en pathologie infantile semble devoir gagner rapidement en précision et en clarté.
Il faut souhaiter qu’une soigneuse mise au point des
thymiques, poussées qui augmentent brusquement le volume de la glande et en font secondairement un agent de compression pour les organes qui l’avoisinent.
(1) On trouvera dans le mémoire de MM: Lucten el Parisor, Arch. de méd. expériment. et d'anatomie pathologique, 1910, vol. XXII, n° 4, p. 98, l'indication et l'analyse d'un grand nombre de travaux récents sur la physiologie du thymus.
observations, qui ne vont pas manquer d’être produites, établisse bien d’une part les faits qu’elles apportent, d’autre part l’interprétation toujours discutable qu’on a tirée de ces faits.
Ce sont, nous l'avons vu au long le ce simple exposé d’un petit point d’histoire médicale, les interprétations et les généralisations qui ont toujours retardé l’étude de la question, |