‹ Les élements figurés du sangChapitre 10 sur 68 · SANG DES VERS · texte numérisé non relu

SANG DES VERS

)) le thorax et se prolongeant dans les pattes. Cette lacune est remplie par un )) liquide diaphane où l'on distingue seulement un assez grand nombre de » corpuscules transparents. Ce liquide est sans cesse agité de mouvements )) irréguliers... C'est à ces mouvements irréguliers que se borne toute la cir- )) culation. On n'aperçoit point d'organe particulier pour l'accomplissement )) de cette fonction. Cœur et vaisseaux paraissent avoir entièrement disparu et » être remplacés par la grande lacune dont nous avons parlé : aussi le liquide )) qu'elle renferme est-il, à nos yeux, le représentant du sang, ou mieux le » sang tout entier (1). »

Chez les Planaires, cet auteur a fait des observations analogues. Dans plusieurs il a vu la cavité générale se prolonger dans tout le corps ; ce elle )) était remplie d'un liquide transparent qu'agitaient les mouvements géné- » raux du corps, mouvements qui rendaient très sensibles les oscillations de )) petits corpuscules, arrondis et réfringents (2). y>

Dans les Nermètes, le sang ne contient également aucun élément figuré. Ces éléments nagent dans le liquide cavitaire, qui semble en posséder toutes les attributions (3).

Des recherches de M. de Quatrefages il résulte donc, en définitive, que le sang contenu dans les vaisseaux, chez les annelés d'un type dégradé, ne présente pas d'éléments figurés, ou n'en présente que très exceptionnellement, et que le sang cavitaire en renferme le plus habituellement, tantôt en minime proportion, quelquefois en grand nombre.

M. Blanchart, qui a publié aussi plusieurs et très importants mémoires sur l'organisation des vers, ne s'attache pas à distinguer le sang vasculaire du sang cavitaire. Mais, dans le cours de ses longues recherches, qui ont eu pour résultat d'élargir beaucoup le cercle de nos connaissances sur l'appareil de la circulation, il a pu reconnaître, dans le premier de ces liquides, la présence d'éléments figurés. Ainsi, dans les Échinorrhynques, il a découvert de véritables vaisseaux, et, en les déchirant sur des animaux vivants, cet auteur a vu s'écouler de leur intérieur une faible quantité de liquide transparent, conte-

(1) De Quatrefages, Études sur les types inférieurs de V embranchement des annelés (Annales des se. nat., 3« série. Zoologie, t. IV, 1845 p. 76).

(2) De Quatrefages, Études sur les types inférieurs de V embranchement des annelés {Annales des se. nat., 3° série, t. IV, 1845, p. 153).

(3) De Quatrefages, Études sur les types inférieurs de l'embranchement des annelés [Annales des se. nat., 3« série, t. VI, 1846, p. 294).

nant quelques corpuscules irréguliers (4). Je rappellerai cependant, à cette occasion, une remarque de M. de Quatrefages; il est bien difficile d'ouvrir les vaisseaux et d'en extraire le contenu sans ouvrir aussi la cavité générale du corps, et dès lors il y a lieu de se demander si les corpuscules observés par M. Blanchard proviennent du sang ou du liquide cavitaire.

De mon côté, j'ai vu très nettement ces mêmes corpuscules chez les Naïs ou vers d'eau; je les ai vus aussi chez le lombric terrestre. Pour les obtenir, j'incisais transversalement le corps, et j'ouvrais par conséquent la cavité générale; mes corpuscules sortaient»ils des vaisseaux ou appartenaient-ils au liquide de la cavité générale? je ne puis rien affirmer à cet égard ; mais les faits nombreux et précis mentionnés par M. de Quatrefages me portent à admettre que le liquide cavitaire en était le point de départ.

De l'ensemble des recherches faites par M. Milne Edwards, M. de Quatrefages et M. Blanchard, nous pouvons conclure qu'il existe chez les vers des éléments figurés et que ceux-ci ont pour siège principal et même exclusif, dans un grand nombre de ces animaux, le sang cavitaire. Leurs travaux cependant laissent planer encore quelques doutes sur les caractères histologiques de ces éléments. Mes observations à cet égard viennent compléter les leurs. Elles démontrent clairement que les éléments figurés du sang des vers sont des globules blancs. Ces globules, nous allons les rencontrer chez des animaux d'un rang plus élevé, dans lesquels la cavité générale du corps communique avec l'appareil de la circulation. Mais les recherches de M. de Quatrefages attestent que, chez les vers, où cette cavité est souvent tout à fait indépendante de l'appareil circulatoire, on rencontre déjà des globules du même ordre dans le liquide qu'elle contient. C'est là un fait considérable dont la découverte lui appartient incontestablement et qu'il importe de ne pas oublier; car il nous autorisera à conclure que, chez tous les invertébrés dont le corps renferme un liquide nourricier, ce liquide, quel qu'en soit le siège et la source, a pour attribut caractéristique la présence de globules blancs, dont le nombre peut varier, du reste, extrêmement d'une tribu et même d'une espèce à l'autre.

Le réactif à mettre en usage pour l'étude des globules blancs chez les vers est l'acide acétique au 50""% qu'on pourra étendre un peu plus ou un peu moins si on le juge convenable. Mais à ce degré d'atténuation il donne d'ex-

(1) Blanchard, Sur Vorganisation des vers (Annales des se. nat., 3« série, t. XII, 1849, p. 22).

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