‹ Les élements figurés du sangChapitre 25 sur 68 · SANG DES TÊTARDS · texte numérisé non relu

SANG DES TÊTARDS

vus chez la grenouille et le triton dans des conditions analogues. C'est pourquoi je me borne à les rappeler : de plus amples détails n'ajouteraient rien à ce que nous savons déjà.

D. — Sang des Têtards,

J'ai eu à ma disposition des têtards de grenouille, de crapaud et de salamandre, les uns très petits, les autres plus longs. Les plus petits avaient une longueur de 6 à 10 millimètres, et les plus grands une longueur de 2 à 4 centimètres. Les premiers sont précieux à cause de leur parfaite transparence, qui permet de voir la circulation admirablement bien et de suivre les globules blancs et rouges dans les vaisseaux, alors simples capillaires. Les seconds peuvent être utilisés dans le même but, mais avec moins d'avantages.

1° Sang des Têtards vu dans V appareil de la circulation pendant la vie, — Bien peu de spectacles présentent un aussi vif intérêt que celui de la circulation du sang chez un vertébré transparent, et aucun vertébré n'est plus favomble à cette étude qu'un têtard de 6 à 8 millimètres de longueur. En l'immergeant pendant quinze ou vingt minutes dans une solution de curare au 400* ou au 500% ou parvient à Timmobiliser et on le place alors sur le porteobjet du microscope. Mais, le plus souvent, il se réveille et s'agite alors malgré le soin qu'on prend de l'arroser d'une ou plusieurs gouttes du même liquide. En conséquence, je préfère le plonger dans l'eau chloroformée étendue d'un égal volume d'eau ; seulement, on devra le surveiller et s'empresser de le retirer dès qu'il est endormi, car il ne tarderait pas à périr. S'il s'agite, en l'inondant d'une autre goutte d'eau, il rentre aussitôt dans le repos. Étant très mince, on peut le recouvrir d'une lamelle de verre pour éviter de mouiller la lentille de l'objectif. Souvent aussi j'ai employé, avec beaucoup d'avantage, l'acide hydrocyanique au 300% qui laisse au têtard toute sa transparence et qui ralentit un peu la circulation sans l'arrêter. C'est plus spécialement au moment où elle est ainsi ralentie qu'on voit se produire la diapédèse des éléments figurés.

Dans ces conditions, on remarque d'abord que les globules rouges forment au centre des capillaires une colonne qui passe sous l'œil de l'observateur avec la rapidité d'un trait, et que ces globules sont allongés en fuseaux. Si la circulation se ralentit, ils deviennent elliptiques, se placent quelquefois en

travers, et s'ils rencontrent un éperon restent h cheval sur sa crête, leur partie moyenne se rétrécissant et les deux extrémités s'élargissant à la manière des deux poches d'une besace; j'ai vu plusieurs fois deux globules à cheval sur le même éperon pendant quelques instants.

Parmi les hématies, quelques-unes adhèrent, ça et là, aux parois des vaisseaux par une des extrémités de leur grand axe, laquelle s'effile alors, tandis que l'autre se renfle, au contraire, en sorte que le globule prend une configuration piriforme très accusée (1). Son adhérence paraît solide, car le courant sanguin qui passe sur lui et qui tend h l'entraîner, l'agite sans pouvoir le détacher. Sur d'autres vaisseaux, et parfois sur d'autres points du même capillaire, le globule adhérent traverse en partie les parois vasculaires. Pendant que sa petite extrémité fait saillie en dehors, la grosse, plus longue, s'agite sous le choc du courant, et un étranglement bien manifeste les sépare l'une de l'autre au niveau même de la paroi. A un degré plus avancé, la partie extravasculaire égale la partie qui n'est pas encore sortie, ou bien elle est plus longue, et c'est la petite extrémité qui reste fixée, par un étranglement, à la surface interne du vaisseau. Enfin, le globule s'échappe en totalité. Au lieu d'un seul globule, c'est quelquefois tout un groupe d'hématies qui font éruption sur un même point et qui apparaissent au dehors sous l'aspect d'un bouquet.

En résumé, la diapédèse des globules rouges débute en général par leur adhérence ; le globule s'engage ensuite dans les parois du vaisseau qu'il traverse peu à peu en s'étranglant au niveau de celles-ci, puis tombe en dehors des voies circulatoires. Elle est alors assez lente pour que l'observateur puisse assister à toutes ses phases. Pendant que certains globules semblent^ ainsi ne s'échapper que péniblement, on en rencontre d'autres qui sont déjà sortis et dont le passage paraît avoir été presque instantané. Ces faits, faciles à vérifier, attestent la diapédèse des hématies chez les têtards. Peut-être en est-il de même chez les Batraciens adultes; mais ce phénomène, chez eux, est difficile à reconnaître.

Lorsque le sang se ralentit dans les capillaires, il est facile de distinguer les globules blancs des hématies. On reconnaît les premiers non seulement à leur couleur et à leur forme sphérique, mais à leur structure. Il en est dont le

0) Pl.VII,f.g. 8:1,2, 3, /^ 5, 6, 7, 8.

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