‹ Les élements figurés du sangChapitre 45 sur 68 · OPINION DE M. CH. ROBIN · texte numérisé non relu

OPINION DE M. CH. ROBIN

pour se transformer en globules blancs; S** la transformation des globules blancs en globules rouges sous l'influence de la rate est contraire à l'observation anatomique.

Première objection: Nous ne connaissons pas V origine des glohulins. — Cette objection appliquée aux recherches qui ont précédé les miennes est sans doute fondée; mais elle ne l'est plus aujourd'hui. Les faits très nombreux que j'ai exposés démontrent que les globulins naissent des globules blancs ; ils sont le résultat de la segmentation du noyau de ces globules; ils sortent de leur cavité par diapédèse. Tous ces phénomènes se voient sans difficulté aucune. La diapédèse des globulins se voit aussi facilement que la segmentation des noyaux. Si M. Gh. Robin veut bien contrôler mes observations en soumettant des Batraciens à de fortes hémorrhagies et en faisant usage de l'acide acétique plus ou moins dilué, j'ose espérer qu'il verra ce que j'ai vu et qu'il le verra ensuite dans toute la série des Vertébrés.

Deuxième objection : Nous ne connaissons pas les diverses phases par lesquelles passent les gobuUns pour se transformer en globules blancs. — Je réponds que Wharton Jones avait déjà très bien vu deux de ces phases, la phase granuleuse et \^ phase nucléée des globules blancs. Mais il n'a pas vu les deux premières, fort importantes sans contredit, puisqu'elles relient les globulins aux globules granuleux. Or, ces deux premières phases, s'étendant depuis le moment où les globulins tombent dans le plasma sanguin, jusqu'à celui où ils arrivent à l'âge adulte, je les ai décrites avec tous les détails qui s'y rattachent. L'évolution des globules blancs nous est donc actuellement bien connue. Elle comprend, en définitive, quatre périodes : une première, représentée par leur naissance; une seconde, caractérisée par leur accroissement progressif; une troisième, dans laquelle ils prennent une couleur sombre et un aspect mùriforme, et enfin une quatrième pendant laquelle ils deviennent de plus en plus transparents par suite de la disparition apparente de leurs granulations.

Troisième objection : On n'a pas vu les globules blancs se transformer en globules rouges; la rate est sans influence sur cette transformation. — Je commence par reconnaître, avec M. Gh. Robin, que la rate ne prend, en effet, aucune part à la production de ce phénomène ; il se passe dans le plasma sanguin et s'opère dans toute l'étendue du courant circulatoire.

Quant au mode suivant lequel s'accomplit la transformation des leucocytes en hématies, je l'ai précédemment et assez longuement exposé; sur ce

point encore, Tobservalion est très affirmative. Aux faits qui les démontrent^ j'ai ajouté deux autres faits : d'une part, l'identité de constitution des deux ordres de globules, identité non moins évidente chez les Mammifères que chez les ovipares; de l'autre, la facilité avec laquelle on peut ramener les glo-^ bules rouges de tous les Vertébrés à leur état primitif, c'est-à-dire à l'état de globules blancs. Ces deux faits, que les réactifs mettent l'un et l'autre en pleine lumière, me semblent de nature à ébranler les anciennes convictions de mon savant collègue. S'il veut bien considérer, en outre, que toutes les considérations sur lesquelles je m'appuie s'enchaînent de la manière la plus intime, que mes observations portent, non sur une ou plusieurs espèces, mais sur toute l'immense étendue de la série des Vertébrés, il reconnaîtra peut-être que parmi les théories relatives à l'hématogénèse, aucune ne se recommande à l'attention des physiologistes par un tel caractère de filiation, de généralité et d'importance ; et peut-être aussi aura-t-il alors quelque tendance à se rallier comme moi à l'opinion de Wharton Jones.

B. — Recherches de M. Hayem.

En 1878, M. Hayem a publié un premier mémoire sur l'évolution des hématies chez les Mammifères, et en 1879, un second relatif à l'évolution des hématies chez les ovipares.

Son opinion sur l'évolution des hématies chez les vivipares se trouve formulée dans les pages qui suivent : « Il existe dans le sang de tous les Vertébrés » de petits éléments, qui ne sont ni des hématies, ni des globules blancs; des- » tinés, en se développant, à devenir ultérieurement des hématies, ils repré- :ù sentent les formes les plus jeunes de ces éléments et sont en quelque sorte » les germes des globules rouges. Aussi avons nous proposé de les désigner )) sous le nom A'hématohlastes,

» Il ne s'agit pas là d'une espèce nouvelle d'éléments du sang; mais bien du globule rouge n'ayant pas dépassé une certaine phase de son évolution.

» Toutefois, ce globule rouge jeune présente des caractères histologiques ]i> particuliers et possède des propriétés physiologiques toutes spéciales, ce qui ^ permet de le regarder comme une variété importante d'élément (1). »

(1) Hay^m, Rech. sur Vévol. des hématies dans le sang de V Homme et des Vertébrés {Arch. de phys.,\SlS, p. 692).

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