‹ Les élements figurés du sangChapitre 46 sur 68 · OPINION DE M. HAYEM · texte numérisé non relu

OPINION DE M. HAYEM

« Chez tous les Vertébrés vivipares sans exception, à côté des éléments )) adultes, il en est de plus petits, destinés à les remplacer, et chez tous aussi )) les propriétés de ces éléments sont les mêmes. Il n'est donc pas nécessaire )) d'étudier le sang de tous les vivipares ; il suffit de choisir un type, et le meil- » leur en même temps que le plus important et le plus commode nous est )) fourni par le sang humain (1).

» Pour étudier les hématoblastes, il est indispensable de voir le sang tel )) qu'il sort des vaisseaux et d'obtenir une préparation en quelque sorte extem- » poranée.

» Voici le dispositif que je conseille : Après avoir dégraissé avec de l'alcool » ou de l'éther les lames de verre, on les essuie et on les sèche avec soin, )) puis on fixe la lamelle sur la lame, en laissant tomber sur ses quatre » coins une goutte de paraffine fondue. On a ainsi un espace capillaire )).tout préparé h recevoir le sang; on le place au foyer du microscope, » de façon qu'on puisse apercevoir immédiatement les éléments du » sang dès que le liquide pénètre par capillarité entre les deux lames.de )) verre (2).

» Dès que le sang est arrivé au contact de l'espace capillaire, il s'y précipite » avec force et l'on en voit les divers éléments rouler avec rapidité. En certains » points, au milieu des éléments rouges et blancs, on aperçoit de petits cor- )) puscules ressemblant tout d'abord à de petits globules rouges, très délicats, )) pâles. A peine les a-t-on aperçus, qu'ils sont déjà modifiés ; ils deviennent » épineux, adhèrent au verre/ se plissent, pâlissent, en perdant une partie ou )) la totalité de leur hémoglobine.

)) Au bout de peu de temps les hématies se dégagent pour aller concourir » à la formation des piles, et les petits éléments dont il vient d'être question » restent isolés, et forment des chapelets ou des amas. Déjà ils sont profon- » dément altérés et presque méconnaissables; mais on a pu constater leur » présence, suivre leur transformation et constater qu'entre les hématies et » les globules blancs, le sang contient des corpuscules particuliers s'altérant 0 très rapidement.

)) C'est la température d'environ -f- 1° qui s'est montrée la plus favorable à

(1) Hayem, loco citato, p. 693.

(2) Hayem, loco citato, p. 694-

» ce genre d'étude ; mais on peut encore faire de bonnes observations à la » température de 1" à 1%5 (1).

» Ainsi vus à cette température, sans l'intervention d'aucun réactif, et » probablement tels qu'ils circulent dans les vaisseaux, ces corpuscules sont » parfaitement homogènes et à surface lisse ; ils ont une teinte jaunâtre ou » verdâtre sensible, de sorte que leur substance ressemble à celle des glo- » bules rouges faiblement colorés. Les plus petits, qui paraissent parfois » incolores, sont dépourvus de granulations et n'ont aucune ressemblance » avec des fragments de globules blancs ; mesurés dans ces conditions, ils » ont de l]ut.,5, à 8 /ut. de diamètre, quelques-uns atteignent 4 et même 4p.,5.

» Pendant tout le temps que ces éléments restent intacts, ils ressem- » blent complètement à de petits globules rouges délicats et pâles, ce qui » justifie le nom d'hématoblastes sous lequel nous avons proposé de les » désigner. »

M. Hayem, dans ses études sur le sang des Mammifères, commence donc par observer ce liquide sans le secours d'aucun réactif; c'est là son premier procédé. Mais il a fait usage aussi des réactifs; et après les avoir tous passé en revue il accorde la préférence au sérum iodé, mais surtout au suivant ainsi composé :

Liquide A.

Eau distillée 200

Chlorure de sodium pur 1

Sulfate de soude pur. 5

Bichlorure de mercure pur 0 50

(i Pour obtenir une bonne préparation avec ce liquide, il faut faire y> un mélange de 1 partie de sang avec 20 à iOO du véhicule, en ayant » soin de faire tomber le sang dans le réactif dès qu'il sort des vaisseaux (2; . »

Ainsi cet auteur a observé le sang des Mammifères, d'une part sans l'emploi d'aucun réactif, de l'autre en faisant usage du sérum iodé et du liquide A. Or, sans réactif, on ne voit que très imparfaitement les globules blancs, et il est absolument impossible de reconnaîti^e les modifications qu'ils subissent dans le cours de leur évolution ; on ne peut constater surtout

(1) Hayem, Loco citato, p. 695.

(2) Hayem, Loco citato, p. 700.

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